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La monarchie, spécialité reine des séries télévisées modernes

De «The Crown» à «Victoria», les têtes couronnées, loin d'être ringardes, passionnent. Phénomène.

Auréolées d’un léger parfum de ringardise archaïque, les royautés règnent sur les séries télévisées et leur donnent même des lettres de noblesse. «C’est un peu comme si Machiavel écrivait pour Gala», ironisait l’expert Pierre Serisier. Après The Crown, tête de proue des productions originales Netflix, Victoria s’épanche sur l’ancêtre d’Elizabeth II. Comme elle, la jeune femme qui accède à la couronne en 1837, à la mort de son oncle, est tiraillée entre l’ingénuité de la post-adolescence et la pesanteur du pouvoir divin. Elle choisit de régner, crevant la chape d’une éducation hermétique voulue par sa mère, pour la protéger des frasques inconvenantes de feu le roi George.

La manière dont l’histoire est relue en dit souvent long sur la psychologie d’un peuple. Adaptés en feuilleton, ces «people» balisent – selon les observateurs – «l’anxiété de la succession» qui prime ces temps en Grande-Bretagne. Alors que la reine Elizabeth II, après plus de six décennies au pouvoir, va bientôt disparaître, perce déjà un «effet Kate Middleton». De là, les fans de la monarchie se passionnent naturellement pour les stratégies posées par Victoria ou Elizabeth, y voyant des exemples réussis de femmes fortes qui refusent de subir les diktats de mâles mentors tout en garantissant le maintien des traditions.

Combat féministe

En fait, nuancent les historiens, ces «gamines» ont manifesté une poigne de fer sous un gant de velours. Notre époque préfère insister sur leur combat féministe, le challenge du sexe fort, etc. Les scénaristes de Victoria ont encore pris quelques libertés, prêtant à la reine des entichements de midinette. De quoi ajuster l’histoire à la petite lucarne. Réalisateur du formidable The Queen, Stephen Frears diagnostiquait: «Nous, en Angleterre, cultivons un rapport schizophrénique avec la monarchie. Nous l’idolâtrons et la haïssons dans le même temps.»

Vieillottes ou branchées, les têtes couronnées fascinent, renouant avec un genre chéri jadis par la télévision. Dépassant la sphère britannique, elles se royaument au-delà des frontières. Sans même évoquer la fantasy luxuriante de Game of Thrones ou les rapports de classes de Downton Abbey, ces productions bénéficient de budgets multimillionnaires. The Crown, dont chaque épisode coûte 10 millions de francs, est reconduit pour au moins trois saisons, voire six, et Victoria tourne une deuxième saison. «God Save the Queen».

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«Victoria», RTS, 8 X 52’, me 22 h 55 et replay «The Crown», Netflix

Jenna Coleman joue la reine Victoria. RTS

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