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«Nous avons le pouvoir de changer les choses»

La quatrième saison de «La casa de papel» a débarqué sur Netflix. Entretien avec l’acteur Álvaro Morte, El Profesor.

Álvaro Morte incarne le cerveau de la bande de «La casa de papel».
Álvaro Morte incarne le cerveau de la bande de «La casa de papel».
Tamara Arranz

Álvaro Morte, c’est son nom d’artiste. Il faut une certaine personnalité pour choisir un nom de famille aussi définitif, mais son vrai patronyme, Garcia, lui semblait bien banal quand, durant ses études d’ingénierie, il a fait le choix de devenir acteur. En endossant le rôle de l’énigmatique Professeur de «La casa de papel», l’acteur espagnol, 45 ans aujourd’hui, est devenu une star planétaire qui a su garder les pieds sur terre. «J’ai énormément de propositions de travail, mais je refuse que ma popularité nuise à ma famille», explique le stratège de la série créée par Álex Pina. «La casa de papel» saison 4 qui a débarqué sur Netflix le 3 avril réserve bien des surprises, la règle «aucune relation personnelle» ayant été enfreinte. La bande de cambrioleurs la plus populaire du monde se méfie de tout le monde.

Imaginiez-vous que «La casa de papel» aurait un tel succès? Il s’agit de la série non-anglophone la plus regardée au monde. Et pas que, elle fait partie des premières séries de toute l’offre Netflix. Non, on n’aurait jamais imaginé une chose pareille. Nous sommes très fiers d’avoir démontré que les grandes productions américaines n’étaient pas les seules à pouvoir conquérir la planète. Les productions espagnoles, italiennes, allemandes, argentines et mexicaines le peuvent aussi.

A quel moment avez-vous compris que vous étiez devenu une star ? On tournait la troisième saison de «La casa de papel» en Thaïlande et les gens n’arrêtaient pas de nous interpeller dans la rue, c’était très étrange. Tu as la sensation de ne plus passer inaperçu nulle part. Quand tu es célèbre dans ton pays, tu peux aller en vacances à l’étranger, car personne ne te connaît là-bas. Pour nous, c’est devenu très compliqué, car la série est regardée dans 190 pays. Ma vie a changé, j’ai énormément de propositions. Bien sûr, j’écoute mes fans, ils le méritent. Mais j’essaie aussi de protéger ma famille du tapage médiatique.

Qu’est-ce qui a changé pour le Professeur, maniaque du contrôle, depuis qu’il s’est épris de l’ancienne policière Raquel, alias Lisbonne? Le Professeur a toujours vécu seul. C’est un stratège intelligent, son point faible, c’est son manque d’intelligence émotionnelle. Le fait d’avoir une compagne le déstabilise. Il l’aime, mais il est très perturbé de ne pas pouvoir travailler seul à son plan. En théorie, tout aurait dû se terminer au terme de la deuxième saison, quand les deux amants se sont mis ensemble. Mais le scénario a changé et nous avons dû leur façonner une vie commune. J’aurais préféré que le Professeur continue sa route seul.

La bande a intégré de nouveaux membres et a désormais recours aux armes. Le rythme a changé. Nous avons même droit à des moments assez sanglants. La trame devait évoluer. Nous avions besoin de pousser les protagonistes à l’extrême, tant en termes d’émotion que de tension. Et d’avoir de nouveaux visages, non seulement dans la bande mais également dans le camp ennemi. C’est le cas de Gandía (José Manuel Poga), qui sème la terreur et le chaos. Il fallait ajouter davantage de tension aux personnages pour voir s’ils étaient en mesure de s’en sortir.

Certains donnent également une interprétation politique aux actions de la bande. Est-ce le cas? Bien sûr. Ce n’était peut-être pas l’objectif premier de la série, le but était plutôt de divertir le public. Mais nous avons créé un débat: parfois, les gentils ne sont pas si gentils que ça, et la même chose vaut pour les méchants. Le système qu’on a toujours voulu nous vendre comme étant le meilleur ne l’est peut-être pas vraiment. La série explique bien que, même si nous sommes petits, nous avons toujours le pouvoir de changer les choses. Ce message me semble important, surtout par les temps qui courent.

Qu’est-ce qui a touché le public? Au-delà du formidable mélange de genres réussi par Álex Pina – action, drame, comédie –, les personnages sont bien définis: nous nous retrouvons dans leurs passions. Les éléments de la série devenus emblématiques, comme les combinaisons rouges et les masques de Dalí, montrent que nous sommes la résistance, qu’il faut s’élever contre ceux qui ont le pouvoir et en abusent. Il est facile de s’identifier à ce message. C’est ce qui explique l’enthousiasme du public pour la série.

Le Professeur est un homme peu loquace et d’une grande intelligence. Mais les femmes sont fortes, peut-être même plus fortes que les héroïnes américaines, vous ne trouvez pas? Nous voulions que les femmes aient quelque chose à dire. D’ailleurs, ce n’est pas un hasard si Tokyo est la narratrice. Au début, c’est le Professeur qui devait occuper cette fonction, mais il aurait été prétentieux de le faire parler de son «magnifique» plan à la première personne. Le point de vue féminin était intéressant et nous avons fait en sorte que les femmes jouent un rôle important en termes de force.

Tournerez-vous dans le spin-off de la série? On en a beaucoup parlé. J’ai beaucoup de projets actuellement et je fais mes choix sur base de la qualité. Si c’est un projet intéressant, je ne manquerai pas d’y participer.

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