«La télé peut offrir des rôles magnifiques»

SérieBrigitte Fossey joue aux côtés de Lauriane Gilliéron, de Vincent Kucholl et de Michel Voïta dans «Quartier des banques», à voir sur RTS1.

Tournage au Grand Hotel Kempinski de Genève: Paul Grangier (Vincent Kucholl) embrasse sa mère (Brigitte Fossey), accompagné de sa femme (Lauriane Gilliéron).
Vidéo: JAY LOUVION

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Dès jeudi soir, on la retrouvera chaque semaine sur RTS1 dans ce qui s’annonce comme la série romande la plus prestigieuse de l’année, Quartier des banques. Brigitte Fossey y campe la mère du banquier Paul Grangier, joué par Vincent Kucholl, retrouvé inconscient dès le premier épisode, révélant un mystérieux complot dont on ne connaîtra la résolution que dans quelques semaines. Entièrement tournée à Genève, dont quelques séquences à la rédaction de la Tribune, Quartier des banques a eu droit à une belle première au récent Geneva International Film Festival (GIFF). Toute l’équipe s’est retrouvée, et notamment Brigitte Fossey, ravie de revenir à Genève. Nous l’avons rencontrée à ce moment-là.

Comment vous êtes-vous retrouvée dans cette série?

Grâce au scénario, qui a été écrit avec grand soin. Et à ma rencontre avec le réalisateur, Fulvio Bernasconi. Nous avons des goûts communs et il m’a dit des choses très pertinentes sur des cinéastes avec lesquels j’ai travaillé, comme Robert Altman, François Truffaut ou Claude Sautet. Et Fulvio a quelque chose d’un maître d’équipe. J’irais partout avec lui, et il le sait.

Vous connaissiez d’ailleurs Genève, puisque vous y avez fait une partie de vos études. Oui, des études littéraires. On m’avait envoyée dans une école d’interprètes. Et c’est pendant que j’étudiais à Genève que j’ai été contactée pour tourner Le Grand Meaulnes, en 1967.

Quinze ans avant, vous deveniez une vedette à l’âge de 5 ans grâce à Jeux interdits. Il est rare qu’une star enfant passe le cap de l’âge adulte et fasse carrière. Comment expliquez-vous d’être une exception? Cela vient de mes parents et de la manière dont ils m’ont éduquée. À 3 ans, j’apprenais à lire et à écrire. Et puis à la maison, tout le monde était cinéphile. J’ai été élevée avec cet esprit, en regardant des Chaplin, des Lubitsch, des Capra. J’ai eu rapidement conscience des choses, du génie des autres.

Et vos parents ne vous ont pas obligée à faire des choix? Au contraire. Je pense qu’ils m’ont protégée avec leur fantaisie. Les films, c’est-à-dire Jeux interdits et les deux longs-métrages que j’ai tournés ensuite, se sont faits naturellement. Ah, et encore une chose. Le fait d’habiter à Tourcoing m’a sauvée. Les gens n’y font pas de manières.

Depuis vos débuts, vous affichez de nettes préférences pour le cinéma d’auteur. Tenez-vous à cette ligne? J’ai de la dévotion pour l’art et essai, oui. Je me fie beaucoup aux rencontres, à la façon dont les réalisateurs parlent de leurs films. J’aime la plupart des films que j’ai tournés. Et je peux raconter des anecdotes sur presque tous mes tournages.

Même les films plus mineurs? Oui, par exemple Enigma (ndlr: de Jeannot Szwarc, en 1982). J’ai adoré le faire et je me souviens d’une relation très profonde avec Martin Sheen. Nous étions de la même famille.

Est-ce que cela ne vous embête pas, dans ce cas, d’être d’abord connue, dans la mémoire du public, pour votre rôle de mère dans La boum? Au contraire, cela me ravit. J’ai toujours voulu échapper aux étiquettes. Et pour La boum, il ne faut pas croire que c’était simple. Nous avons bossé des mois et des mois.

Était-ce le cas dans tous vos films? Oui, totalement. Sur Un mauvais fils, de Claude Sautet, je jouais une droguée. Or je ne me suis jamais droguée, et je ne voulais pas non plus trahir celles qui se droguent. Donc j’en ai rencontré pendant six mois. C’est une méthode de travail que j’ai héritée du théâtre. Mieux, j’ai appris tout mon métier ainsi.

Quartier des banques marque aussi votre retour à la télévision, où, là aussi, vous avez déjà eu des rôles très populaires, exemple dans Les gens de Mogador, dans les années 70. La télé nous offre parfois des rôles magnifiques. Les gens de Mogador est un feuilleton qui a beaucoup compté. Mais il y en a eu beaucoup d’autres.

C’est rare qu’une actrice défende tous ses films et téléfilms. Il n’y a pas d’exception? Non, car je les choisis en fonction de ce critère. C’est-à-dire en sachant que je pourrai en parler ensuite. Alors oui, il m’est arrivé d’être déçue une ou deux fois.

Tout à l’heure, vous avez mentionné Robert Altman. Que pouvez-vous dire de votre expérience sur Quintet? Altman m’avait vue dans Le pays bleu de Tacchella. Et il a pensé que je pourrais doubler Shelley Duval dans la version française de Trois femmes. Puis je suis allée présenter L’homme qui aimait les femmes de Truffaut aux États-Unis. Et là, Altman m’a invitée à Malibu. Lors d’un dîner, il m’a présentée à Paul Newman. Et il m’a dit: «Voilà, tu vas être sa femme.» Le plus fou, c’est que cela correspondait à un rêve d’enfance. Je me souviens que je disais toujours à ma mère qu’un jour, je jouerai l’épouse de Paul Newman. Altman a réalisé mon rêve. Il faisait – 35 sur le tournage, mais j’étais la plus heureuse des actrices.


Quartier des banques, RTS1, dès jeudi 16 novembre à 21 h 10

Créé: 15.11.2017, 12h42

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