Une Valaisanne séduit la cour de France

InterviewNoémie Schmidt fait tourner les têtes dans «Versailles», une série historique rock'n'roll.

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Av ec sa joliesse éthérée de fille en fleur, Noémie Schmidt semble en passe de conquérir Paris. La Valaisanne de Sion s’en amuse, peu dupe. La brunette s’affichait angélique face au vétéran Claude Brasseur dans L’étudiante et Monsieur Henri , la voilà qui décoiffe Versailles . La production revisite l’émergence de Louis XIV en monarque, ses stratégies, ses émois d’ancien puceau. Pour surveiller son monde, il s’invente un domaine en 1667.

Ici, les entorses au protocole tendent à «une série sexy, viscérale, inattendue». Jalil Lespert, déjà auteur d’un Yves Saint Laurent rock’n’roll, le proclame: «Ne pas avoir peur d’être sale, assumer le show et en même temps n’en avoir rien à foutre.» Plus distinguée, Noémie Schmidt traduit: «Avec Canal +, j’avais l’assurance d’un cachet moderne, pas le truc en costumes plan-plan.» Ses longues mèches tressées en savants échafaudages, elle incarne Henriette, sœur du roi d’Angleterre, épouse de Philippe d’Orléans aux passions homosexuelles, amante du royal Louis. Audace, ça cause anglais.

«Le succès vous oublie si vite. D’ailleurs, je n’ai jamais ressenti de montée d’adrénaline à cause de ça.»

Avec l’innocente assurance de la jeunesse, la comédienne, qui, à 18 ans, passa une année aux Etats-Unis, affirme d’abord que «plus que le français, l’anglais permet d’établir une palette élargie dans le jeu du comédien». Et de citer Shakespeare, «toujours contemporain, sans ce réalisme de la langue française». Le fantôme de Molière trépasserait sous ces assauts ingénus. Elle rectifie: «Ah, mais j’aime beaucoup son théâtre! Les romans de Victor Hugo aussi d’ailleurs…»

Comparée à Julia Roberts

A 23 ans, Noémie Schmidt avance ses contradictions sans craindre de trébucher. Les cinéastes la comparent volontiers à Julia Roberts, époque Pretty Woman, elle vénère Romy Schneider. «Et Marilyn Monroe! Etant moins menée par la passion qu’elles, je les admire, idoles absolues d’un métier qui broie. Toutes ces louanges ne font qu’accroître la peur de perdre sa petite popularité.» Le glamour, même au château de Versailles, la belle s’en méfie. «Le succès vous oublie si vite, philosophe-t-elle en sage. D’ailleurs, je n’ai jamais ressenti de montée d’adrénaline à cause de ça. L’euphorie ne vient qu’avec la certitude du pari gagné, quand la fiction permet d’être autre, c’est le vrai frisson.»

Et de raconter la fois où elle jouait un accouchement. «J’ai vécu au plus profond ces trucs de femme, détresse, bouleversement, j’y croyais tellement. Mais je ne ramène jamais mes tristesses à la maison. Je sais qui je suis, même dans ma vulnérabilité.»

Rien ne prédestinait à l’art dramatique cette passionnée d’art lyrique. Tout au plus un coup de foudre scolaire pour les planches, quand elle interpréta à 12 ans… la mère Ubu. «Je n’avais aucune conscience de la charge d’absurde véhiculée par la pièce. Je ne connaissais même pas Alfred Jarry. Maintenant, je sais.» Pour Versailles, Noémie Schmidt dit aussi avoir fait ses devoirs, compulsant «livres et films». Une préparation qui, au final, ne lui a pas servi beaucoup, tant la série cravache dans la libre adaptation de l’histoire et, comme dirait Dumas, lui réserve de beaux bâtards.

Pour tout dire, les garçons portent perruques et catogans avec des affectations classieuses de mannequins, tandis que les belles chahutent et séduisent le plus souvent dans une fantasia de soyeux déshabillés. Le reste du temps, l’actrice supporte le corset avec grâce. «Il donne un maintien instantané, sans compter le plaisir de se déguiser comme une petite fille qui joue à la princesse.» Elle se promène dans les jardins royaux avec assez de candeur pour affirmer en toute honnêteté: «Ma beauté est imparfaite, j’ai des défauts que j’aime bien. J’accueillerai les rides avec bonheur. D’ailleurs, mon Henriette va prendre de l’ampleur au fil des épisodes, et même sombrer dans la déchéance. Ça, j’adore!» (24 heures)

Créé: 14.11.2015, 15h49

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