«La saison du TKM se tissera autour d’artistes dont j’ai senti la nécessité de créer»

Omar Porras a présenté, ce soir jeudi, la programmation de sa deuxième année à la tête du Kléber Méleau, à Renens. Interview

Avant de présenter sa nouvelle création, en mars, Omar Porras ouvre la saison avec un hit du Teatro Malandro: «L’histoire du soldat», de Ramuz et Stravinski.

Avant de présenter sa nouvelle création, en mars, Omar Porras ouvre la saison avec un hit du Teatro Malandro: «L’histoire du soldat», de Ramuz et Stravinski. Image: Elisabeth Carecchio

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Voilà un an que le metteur en scène Omar Porras est venu s’installer à Renens pour diriger le Kléber-Méleau, estampillé désormais TKM avec un logo rafraîchi. Hier soir – entouré des comédiens amateurs de la Ruche, l’école nouvellement créée dans les murs du théâtre –, celui qui continue à sillonner les scènes internationales avec son Teatro Malandro a présenté le menu de la prochaine saison. Une saison qui débutera, le 27 septembre, avec la reprise de sa célèbre adaptation de L’histoire du soldat. Interview.

Comment s’est passée votre première saison à la tête du TKM?
Quand on a été face à l’impossible, c’est beau d’écouter, une année plus tard, l’écho de cet impossible devenu réel et joie. Ce théâtre est un temple. Il a été construit avec passion et par nécessité. On y ressent encore l’âme avec laquelle Philippe Mentha l’a développé. De notre côté, nous essayons de préserver et de respecter l’utopie qui a guidé l’histoire de ce lieu, tout en en faisant autre chose. Finalement, durant cette première saison, tout s’est passé comme si les murs – et le public – m’avaient dit oui. J’ai pu, aussi, sentir le capital de sympathie qui existait, dans la région, pour le Teatro Malandro.

Le public a donc répondu présent toute la saison…
Oui, même s’il s’agissait d’une saison de transition. A notre arrivée, en juillet 2015, les choses avaient dû se mettre en place très rapidement. Nous avons, naturellement, fait quelques erreurs de jeunesse. Pour la nouvelle saison, par exemple, nous avons assoupli notre politique tarifaire en mettant en place des formules de Pass plus souples et plus avantageuses. De septembre 2015 à juin 2016, le taux de remplissage affiche 61,6% pour 98 dates (ndlr: contre un taux oscillant entre 51% et 79% entre 2011 et 2013, avec une huitantaine de dates). Tout au long de la saison, le TKM a également assuré 108 dates en tournée. Mais, plus que les chiffres, ce qui compte pour moi, c’est le succès d’un projet tel qu’On ne badine pas avec l’amour, par exemple. Il s’agissait de la deuxième création d’une jeune metteuse en scène, Anne Schwaller, pas du tout connue. L’accueil du public a montré la confiance qui se tisse.

Que nous réserve la prochaine saison?
Je souhaite que les gens viennent au TKM avec l’envie de se questionner sur la vie, mais aussi de rêver. A notre époque, on s’est trop éloigné de la notion de surprise, de l’étonnement et de l’émerveillement. Je me suis donc donné pour mission de montrer que nous sommes toujours des rêveurs et que l’imaginaire constitue l’une des seules choses qui fait avancer le monde. Cette transmission se réalisera avec des rendez-vous artistiques variés, parfois légers, parfois plus profonds.

Concrètement?
J’ai, par exemple, voulu donner les moyens à Matthias Urban, un Lausannois qui a un parcours très intéressant et est un amoureux des textes, de monter une production d’envergure. Il présentera, en décembre, La comédie des erreurs, qui sera jouée 46 fois, ici et ailleurs. La saison se tissera également autour d’artistes dont j’ai senti la nécessité de créer, l’envie de transmettre. Le TKM accueillera ainsi Michel Voïta, Jean-Quentin Châtelain, Robert Sandoz… Côté musique, Cédric Pescia restera «artiste associé» et proposera cinq soirées autour de Satie. Ensemble, nous avons aussi programmé de nombreux concerts tournés vers des musiques du monde ou actuelles.

Votre programmation laisse une large place à la musique. Est-ce le rôle d’un théâtre?
Oui, puisque cette discipline n’empiète pas sur l’offre théâtrale. Le public du Kléber-Méleau était déjà mélomane et la musique fait entièrement partie de mon univers artistique. Je souhaite que, dans la grande famille du TKM qui est en train de s’agrandir, les univers se nourrissent mutuellement.

Dans la région lausannoise, le TKM est l’un des derniers bastions dédiés au répertoire, au texte. La pression est-elle forte sur vos épaules?
C’est vrai que j’entends la demande, légitime, de la profession. Cela soulève effectivement la question du manque de plateaux ou du nombre de compagnies existantes. Mais, au bout du compte, ce n’est jamais la direction d’un théâtre qui va trouver des solutions. C’est aux artistes de trouver leur place, de défendre leur ligne (artistique ou politique) et leur rigueur. C’est la force des projets qui ouvre des portes.

Renens, TKM Billetterie fermée du 11 juillet au 14 août Rés.: 021 625 84 29 www.t-km.ch (24 heures)

Créé: 10.06.2016, 09h19

Omar Porras

Metteur en scène et directeur du TKM (Image: DR)

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A voir le printemps prochain Pour sa nouvelle création, Omar Porras convoquera Molière avec Amour et Psyché. Suivra Le bal des voleurs , avec Robert Sandoz, qui adapte Jean Anouilh.

Côté musique Camerata de Lausanne (12 nov.), L’Orchestre Jaune (26 nov. et 4 fév.), Marta Gómez (12 janv.), Les Reines Prochaines (13 janv.), Officina Zoé (14 janv.), Carminho (20-21 janv.) et Marc Perrenoud Trio (4 mars).

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