Plein feux sur une saison théâtrale pleine de découvertes

Scènes 2017-2018Au programme, 800 rendez-vous – dont une centaine de projets originaux – qui fêtent la scène, honorent le répertoire ou cherchent à repousser les frontières des genres.

"La ferme des animaux" réunira une impressionnante brochette de comédiens romands prêts à décliner le bestiaire d’Orwell sous la conduite de Christian Denisart. Image: Patrick Martin

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Qu’ils vénèrent le texte, mettent le répertoire en échos ou cherchent à nourrir de nouvelles esthétiques, les créateurs d’ici ou d’ailleurs promettent une saison qui brille de projets originaux. Et prouvent que le théâtre n’est pas prêt à céder tout le terrain aux autres genres scéniques toujours plus présents sur les plateaux. Cette saison, plusieurs créations annoncées titillent notre curiosité. A commencer par La ferme des animaux qui réunira une impressionnante brochette de comédiens romands prêts à décliner le bestiaire d’Orwell sous la conduite de Christian Denisart. Cette fable aux frontières de l’humanité et de l’animalité sera créée à la Grange de Dorigny en janvier, avant une grande tournée romande qui passera par Le Reflet-Vevey, le Benno Besson et le Théâtre du Jorat.

«Les créateurs prouvent que le théâtre n’est pas prêt à céder tout le terrain aux autres genres scéniques»

Du côté des créations – qui flirtent souvent avec la musique, la performance ou la recherche formelle –, osez vous plonger dans Les orphelins, emmenés par les mousquetaires du théâtre musical Roland Vouilloz, Yves Jenny, Lee Maddeford et Daniel Perrin (Oriental-Vevey dès le 13 sept., puis Casino de Rolle et 2.21 à Lausanne). Ne manquez pas le Romeo et Juliette qui allie les forces du Teatro Malandro à celles des comédiens du SPAC. Après la Cour d’honneur à Avignon, la troupe japonaise sera à Renens pour la recréation (et les ultimes dates) du spectacle tiré de Shakespeare (TKM, du 19 sept. au 8 oct.).


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Alors que le Waouw! ouvre sa saison, à Aigle, avec une intrigante Histoire du théâtre en kit (dès le 21 sept.), la Maison de quartier de Chailly, avant l’Oriental, accueille le même soir la nouvelle création de Georges Grbic, Au but de Thomas Bernhard. De septembre à mars, Jean-Luc Borgeat emmènera, lui, son Fauteuil à bascule – qui fait s’entrechoquer anciens et modernes – de Vevey au Pulloff. Avec A deux heures du matin de Falk Richter et mis en scène par Gabriel Dufay, issu de l’école Les Teintureries, il s’agira aussi de scruter l’évolution de notre époque (Reflet, Dorigny). Un projet ralliera, c’est sûr, les fans de Thiéfaine: J’arriverai par l’ascenseur de 22 h 43, avec lequel Philippe Soltermann chroniquera sa passion pour le chanteur (TBB, Crochetan et Usine à gaz, en 2018).

Jeune garde et artistes confirmés

Un peu partout, la jeune garde sera au front: à Vidy (Emilie Charriot avec Passion simple d’Annie Ernaux, Augustin Rebetez avec L’âge des ronces), à Dorigny (Mon histoire vraie - 1 de Ludovic Chazaud), à Chailly (On est tous Achille, par Sébastien Ribaux), à Aigle (Comment on freine? écrit par Violaine Schwarz), au CPO (Frida Kahlo, autoportrait d’une femme, par Yvan Rihs et Martine Corbat) ou encore à L’Oriental (Les névroses sexuelles de nos parents, de L. Bärfuss par la Cie Tête en l’air).


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Côté artistes confirmés, signalons Le Direktør avec lequel Oscar Gómez Mata revisite le film de Lars von Trier (Vidy et TBB en nov.), ainsi que La dernière bande de Beckett, que Dan Jemmett offre au comédien Omar Porras, (nov.) Une création annoncée par le TKM où Michel Voïta prépare le très attendu L’Iliade, le choix d’Achille (fév.). Au Pulloff, la Cie Marin présente En découdre, fin octobre, où Jean-Gabriel Chobaz dévoilera son Lucrèce Borgia de Victor Hugo, en janvier. Au Trois-Quarts à Vevey, il y aura Antigone à New-York mis en scène par Dominique Würsten (fév.). Aux Terreaux, Le blues de la tortue de Jean Chollet traitera avec originalité du sujet sensible de la violence conjugale (fév.) Au CPO, c’est Matthias Urban qui éclairera ses Petits matins, un texte original, pendant que le Controluce Teatro d’Ombre illuminera Les Villes invisibles au Casino de Rolle, à l’Oriental puis à L’Echandole (dès fév.). A la Grenette en décembre, Claude-Inga Barbey et Doris Ittig concocteront un Christmas Pudding juste à point, alors qu’Anne Bisang arrivera avec Elle est là (de Nathalie Sarraute) à Dorigny. Le théâtre universitaire défendra également le Macbeth mis en scène par Valentin Rossier (fin oct.) et, plus tard, Automne, de Julien Mages par Jean-Yves Ruf, ainsi qu’Un si gentil garçon dans lequel Cédric Dorier questionne la violence chez les jeunes (à voir aussi au Crochetan).

En mai, c’est Gianni Schneider qui sera au Jorat avec Mère Courage, de Brecht. A surveiller pour la deuxième partie de saison: les nouvelles créations, à Vidy, de Marielle Pinsard, Mathieu Bertholet, Marie-Caroline Hominal, Cindy Van Acker, Milo Rau, Martin Zimmerman. Et, côté accueils, le riche programme du Reflet-Vevey, Un juif pour l’exemple, de Chessex (Terreaux, janv.), l’aventure politico-théâtrale et participative de Fight Night au TBB qui présente, aussi, un Portrait de Dorian Gray très dynamique. N’oubliez pas Le Cid (Jorat, en avr.) ou Mon traître qui revient dans la région après sa création à Vidy en 2013 (Octogone, en mai.). A agender: le festival de monologues Singuliers pluriel prévu au 2.21, en janvier. (24 heures)

Créé: 04.09.2017, 08h04

Danse

Amateurs de danse, n’hésitez pas à voyager d’un théâtre à l’autre. La discipline a définitivement trouvé ses aises sur les plateaux romands qui proposent des créations allant des plus pointues aux plus populaires. A Dorigny, c’est le retour d’Eugénie Rebetez que le public guette. La Jurassienne installée à Zurich y présente en décembre sa nouvelle création «Bienvenue!» En janvier, la déjantée Coréenne Eun-Me Ahn passe par le Crochetan avec ses énergiques «Dancing Grandmothers» et sera à Pully avec «Let me change your name». L’Octogone dévoilera également «Dokkaebi» de Youngsoon Cho Jaquet (29-30 sept) et, en mars, la 18e création de la Cie Linga.

Côté accueils, y sont attendus les «Nuits barbares» d’Hervé Koubil, Beytna (our home) de la Cie libanaise Maqamat ainsi que le Ballet royal du Cambodge. D’autres grandes compagnies occupent les planches vaudoises. Le BBL fêtera Béjart au Jorat (oct.), Bianca Li sera à Beausobre avec «Elektrik Masters» (janv.), Maguy Marin au Reflet avec «May B» (janv.), la Jeon Misook Dance Company à Monthey avec «Bow» (avr.). Intéressez-vous, en avril, au «Love Chapter 2» de la L-E-V Dance Company, de passage à Beausobre et au Crochetan où la Cie IT Dansa reprendra, pour sa part, des chorégraphies de Cherkaoui, Kylian, Naharin.

Des productions vaudoises? Aux Terreaux, c’est la Cie Igokat qui dévoilera «Petrouchka, le clown» (nov.), alors que l’Arsenic programme Gregory Stauffer, en attendant le retour de Gilles Jobin. A Vidy avant Cindy Van Acker au printemps, la reprise du minimaliste «Récital des postures» de Yasmine Hugonnet devrait faire son effet, tout comme la Cie Idem qui sera à Rolle avec «Control» ou Gabor Varga et Jozsef Trefeli qui amènent leurs «Créatures» à Nyon. Les amateurs de danse classique iront voir le Ballet de Kiev («Casse-noisettes» et «Le lac des cygnes», à Métropole, fin 2017) ou le Ballet Preljocaj à Beausobre pour des extraits virtuoses de pièces fameuses. A noter aussi en janvier, le week-end Les Chorégraphiques prévu à l’Oriental ou une scène ouverte à 5 compagnies à Rolle. De leurs côtés, Les Printemps de Sévelin annoncent déjà la venue de David Lebreton, Noé Soulier, Oona Doherty et Jan Matens, Euripidès Laskaridis.

Vedettes d'ici ou d'ailleurs

Pour attirer le chaland, accompagner une reconversion ou illuminer un texte, de nombreux spectacles mettent à l’affiche une personnalité médiatique connue du public ou un grand nom du monde du spectacle. Sélection non exhaustive.
Fanny Ardant «Croque Monsieur» à Beausobre, fin novembre.
Pierre Arditi Le comédien sera, cet automne, en tournée avec Daniel Russo dans «L’être ou pas», 9 saynètes entre voisins mises en scène par Charles Tordjman (Martolet, Crochetan, Beausobre, Reflet)
Jeanne Balibar sera aux côtés de Jacques Bonnafé dans la création «La fabrique des monstres», par Jean-François Peyret (Vidy)
François Berléand se débat entre absurde et mise en abyme dans l’intelligent «Moi, moi & François B.» (Octogone, Beausobre, Reflet, Martolet, en 2018)
Juliette Binoche rend hommage à Barbara à l’Octogone (28 oct.).
Laetitia Casta est dans le bergmannien «Scènes de la vie conjugale» (Octogone, 14 déc.)
Clémentine Célarié est dans l’olfactif et émouvant «Darius» (Beausobre et Octogone, début 2017)
Fanny Cottençon Avec Sam Karmann, la comédienne revisite son couple dans «Petits crimes conjugaux» d’Eric-Emmanuel Schmitt (Octogone, Martolet).
Michel Drucker Le dinosaure du PAF raconte ses souvenirs, seul en scène. (Métropole, 7 oct.)
Brigitte Fossey évoque Liszt à Hameau-Z’arts (23 mars)
Francis Huster Avec Jean Benguigui, il défend «Inconnu à cette adresse»(Reflet, 4 oct.). Et avec Régis Laspalès, «A droite, à gauche» de Laurent Ruquier (Beausobre en déc., Martolet en jan.).
Chantal Ladesou est «Peau de vache» à Beausobre en mars.
Martin Lamotte incarne «Colombo» (Martolet et Estavayer, cet automne)
Frank Lebœuf L’ex-footballeur passe par Moudon et Terre-Sainte avec «Ma belle-mère et moi, 9 mois après» (oct.).
Kad Merad est aux côtés de Niels Arestrup dans «Acting» (Beausobre, fin fév.)
Gilles Privat incarne «Cyrano de Bergerac» (Reflet en déc., TKM en avr.)
Brigitte Rosset Dans «La Locandiera, quasi comme!», la Genevoise donne la réplique à Christian Scheidt. A deux, ils campent tous les personnages de ce classique de Goldoni. (TBB et Crochetan, en oct.)
Eric-Emmanuel Schmitt endosse le costume de «Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran» aux Terreaux (dès le 28 sept.)
Bruno Solo et Yvan Le Bollo’ch Les compères se retrouvent pour la première fois sur les planches dans «L’heureux élu», huis clos sur fond d’amitié contrecarrée (Morges, Estavayer)
Patrick Timsit réalise un vieux projet avec l’adaptation du «Livre de ma mère» d’après Cohen (Crochetan et Beausobre, dès nov.)

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