Yamato fait vibrer les tambours

SpectacleLe groupe le plus réputé de la tradition japonaise présente son nouveau show, «Chousensha». Intensité garantie.

Musiciens autant qu’athlètes, les membres du groupe Yamato s’affichent en virtuoses de la percussion. Sur scène, ça déménage…

Musiciens autant qu’athlètes, les membres du groupe Yamato s’affichent en virtuoses de la percussion. Sur scène, ça déménage… Image: MASA OGAWA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Muscles saillants, joues gonflées, une dizaine de jeunes gens, filles et garçons mêlés, frappe sur leurs tambours avec une énergie aussi communicative que jubilatoire. Comme possédé par le rythme lancinant, l’un d’entre eux martyrise avec ses bâtons deux fûts tendus à bout de bras par ses partenaires. Intensité garantie, vibrations perceptibles jusqu’au fond de la salle. Musiciens autant qu’athlètes, les membres du groupe Yamato s’affichent en virtuoses de la percussion. «Le son ne s’entend pas seulement avec les oreilles. On doit pouvoir le ressentir à travers tout le corps», indique Masa Ogawa, le fondateur et directeur artistique de la formation nippone.

En solo, en duo, par petits groupes, la gestuelle réglée au quart de poil, la petite troupe habillée par l’icône de la mode Kansai Yamamoto revisite la tradition japonaise avec des sons d’une puissance inouïe. Succès mondial. Depuis sa fondation en 1993, la formation a joué dans 54 pays, enthousiasmant spectateurs et téléspectateurs par millions.

Engagement physique

De vendredi à dimanche, Yamato vient faire frissonner le Théâtre du Léman avec son nouveau spectacle «Chousensha» («Les challengers»). Sur scène, près de deux heures d’engagement physique exceptionnel pour ces artistes aux abdos et aux pectoraux travaillés avec soin au cours d’un entraînement quotidien intensif.

C’est qu’il en faut, du punch, pour pilonner les quelque 35 tambours différents utilisés au cours du show. Le plus grand, l’Odaiko, mesure 1,70 mètre de diamètre pour un poids d’environ 500 kilos. Du lourd, sculpté dans un seul tronc d’arbre. Même avec d’autres instruments tels que le shamisen (un luth à trois cordes) ou la chappa (une petite cymbale en bronze), les membres du band ne mégotent pas. Durant chaque concert, un batteur perd entre deux et trois kilos! Une véritable performance sportive.

«Chaque matin, on court dix km pour s’entraîner. Ensuite, on fait de la musculation, en utilisant notamment nos instruments», explique Masa Ogawa, rencontré à Bâle lors d’un récent concert de Yamato. En coulisses, le maestro japonais se saisit d’un petit tambour, qu’il nous invite à soupeser. L’objet pèse dans les quinze kilos. Soulevé à l’envi, voilà le genre d’engin qui vous forge une musculature de sportif. «Après le déjeuner, on débute les répétitions. Celles-ci peuvent durer jusqu’à minuit.» En moyenne, chaque membre de Yamato consacre 3600 heures par an à son instrument. Jusqu’à dix heures par jour…

Parfaitement soudé, le groupe a développé un style de vie communautaire, le taiko-do. «On se lève à la même heure, on vit ensemble tout le temps, en partageant chaque instant du quotidien. C’est à travers ce genre de préparation que se crée le feeling.»

Pop, rock et jazz

Si les instruments maniés sur scène apparaissent parfois anciens - certains ont plus de 400 ans – le répertoire de Yamato, lui, mélange la tradition à des notions plus modernes. «J’écoute de la pop, du rock, du jazz. Dans le groupe, un des musiciens fait du rap. Toutes ces influences se retrouvent dans nos morceaux», assure Masa Ogawa. Vibrant, le dialogue avec le public s’établit rapidement. Sollicité par des musiciens terriblement expressifs, les spectateurs claquent les mains en rythme. Chaud bouillant, le public suisse? «Vous savez, on vient du Japon. En comparaison, ici, on a l’impression que les gens sont déchaînés!»

Yamato - The Drummers of Japan, Théâtre du Léman, quai du Mont-Blanc 19, du 8 au 10 février. Ve, sa 20 h 30. Di 17 h

(24 heures)

Créé: 07.02.2019, 15h48

Articles en relation

Le festival Archipel conjugue toute son affiche au féminin pluriel

Musique contemporaine Dès le 28 mars, le rendez-vous rebaptisé Archip-elles se tourne vers des créatrices stimulantes. Plus...

Neuf concerts pour secouer l’an neuf

Musique Les clubs romands se réveillent peu à peu, après la gueule de bois des Fêtes. Petit tour d’horizon de l’offre live. Plus...

Les Docks font le plein

Concert La salle lausannoise s’offre un week-end de trois soirées en musique. Plus...

Une école de percussions qui sort des sentiers battus

Gland Fondateur et directeur de GO n’Play, Olivier Gauthey a ouvert une école de musique où les formations sont adaptées à chacun. Plus...

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

La rédaction sur Twitter

Restez informé et soyez à jour. Suivez-nous sur le site de microblogage

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.