À Vidy, Thomas Ostermeier dissèque la honte sociale

ThéâtreDes œuvres fortes ont marqué le premier acte de Programme Commun. Le second promet de nouvelles propositions percutantes. Avant-goût.

Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier a adapté «Retour à Reims», essai-autofiction du sociologue français Didier Eribon.

Le metteur en scène allemand Thomas Ostermeier a adapté «Retour à Reims», essai-autofiction du sociologue français Didier Eribon. Image: MATHILDA OLMI

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Cinq jours de festival auront suffi à nous faire passer par toutes les émotions. On attend donc la suite avec une impatience, teintée d’une certaine appréhension. Brillant, percutant, bouleversant parfois, le premier acte de Programme Commun nous aura fait vibrer, rire aux éclats ou fondre en larmes. Parfois dans la même soirée. Du chef-d’œuvre cathartique d’Angélica Liddell («Una costilla sobre la mesa: Madre», à l’affiche jusqu’à samedi encore, à Vidy) au récit saisissant de Cécile Laporte en passant par «Imposture posthume», dystopie aussi hilarante qu’angoissante signée Joël Maillard, la 5e édition de la manifestation lausannoise dédiée aux arts de la scène a dégainé du lourd.

Le second acte, qui se joue jusqu’à dimanche, saura-t-il maintenir cette verve? En tout cas les perspectives augurent de nouvelles œuvres coups-de-poing. En tête d’affiche, Thomas Ostermeier dévoilera son adaptation scénique de «Retour à Reims» (Vidy, 5-7 avril, puis du 28 mai au 16 juin). Dans cet essai-autofiction, le sociologue français Didier Eribon raconte avec intelligence et pudeur son parcours de transfuge de classe. De passage à Lausanne en décembre dernier pour donner une conférence – aux côtés de l’auteur du récit –, le metteur en scène allemand confiait: «J’ai été frappé par la force de ce texte. À la fin de la lecture, je me suis dit: «Au moins, tu n’es pas seul.» Je me suis reconnu dans pas mal de choses, que j’ai vécues moi-même. Je connais très bien la honte sociale qu’il décrit dans le livre.»

Cette seconde semaine de festival sera donc elle aussi traversée de thématiques vibrantes, intenses, actuelles. Parmi lesquelles le viol dans «Cock, cock… Who’s there?» de Samira Elagoz (Arsenic, 4-7 avril), la coexistence des différences dans «Maintaining stranger» de Simone Aughterlony (Arsenic, 4-7 avril) ou le racisme dans «Black off» de Ntando Cele (Vidy, 6-7 avril)

Créé: 01.04.2019, 18h52

Programme Commun

Lausanne,
Arsenic, Théâtre de Vidy et Sévelin 36
Jusqu’au di 7 avril

www.programme-commun.ch

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