Audrey Cavelius, le corps comme territoire à explorer

ScèneÀ l’Arsenic, l’artiste de 35 ans poursuit son périple au cœur de l’identité dans «Séries», création hybride interrogeant la corporalité comme matière. Rencontre sans fard ni complexes.

Audrey Cavelius dévoilera «Séries», dès mardi à l’Arsenic. Cette création entrelace texte, danse, arts plastiques et photographie.

Audrey Cavelius dévoilera «Séries», dès mardi à l’Arsenic. Cette création entrelace texte, danse, arts plastiques et photographie. Image: VANESSA CARDOSO

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Amples vêtements de sport, longue tignasse blonde en bataille et pas une trace de maquillage. Audrey Cavelius nous accueille dans le foyer de l’Arsenic avec un naturel vivifiant. Décomplexé. «Je ne suis pas habillée pour la photo, mais bon, c’est comme ça que je suis!» Sans fard ni chichis. Son visage rieur, solaire, son sourire généreux valent mille «duckfaces» sublimés (ou pas) par un filtre Instagram. «Séries», création qu’elle dévoile ce mardi et jusqu’à dimanche en trio avec les danseuses Dominique Godderis et Teresa Vittucci, est à son image: «On est dans l’anti-selfie.»

Sur scène, trois interprètes, trois versions de la femme, trois corps singuliers. Dans ce spectacle hybride, Audrey Cavelius explore la corporalité sous toutes ses coutures, ses failles, ses disparités. Une manière de questionner l’identité à travers la matière brute. Cette vaste notion irrigue le travail de l’artiste de 35 ans formée à la Manufacture, à Lausanne. «Je la décline de façons très différentes d’une proposition à l’autre. C’est une question qui m’obsède depuis que je suis toute petite. Je me suis toujours demandé pourquoi les gens sont comme ça et pas autrement, et pourquoi moi je suis ainsi et pas différente. Qu’est-ce que je peux faire avec ce que je suis?»

«Nous avons travaillé sur les transformations corporelles dans l’idée d’aller vers une allégorie de l’identité»

Le corps comme territoire à explorer, à découvrir, à apprivoiser. Avec ses défauts, ses rondeurs, ses vergetures, ses traits insoupçonnés. Sans jugement. «Nous avons travaillé sur les transformations corporelles dans l’idée d’aller vers une allégorie de l’identité. On interroge chaque aspect de nous et on cherche comment on peut rendre nos silhouettes absolument déconstruites et abstraites.» L’idée? Convier le spectateur à questionner son corps par le truchement de celui des trois interprètes. Une plongée dans la matière identitaire par le biais des métamorphoses esquissées par les comédiennes et danseuses. Une invitation à composer ses propres tableaux scéniques par la suggestion et l’imaginaire. Pas de fil narratif, donc, mais des bribes de sens. Et de sensations.

Nouveau champ artistique
«Je suis une artiste très visuelle. Je viens du théâtre, mais là on est vraiment dans quelque chose de différent.» Fruit d’une bourse de compagnonnage de deux ans, «Séries» entrelace texte et arts plastiques, chorégraphie et photographie. «Avec ce spectacle, je passe un vrai cap. Jusqu’à présent, il y avait beaucoup d’oralité dans mes créations. Aujourd’hui, j’assume quelque chose de moi qui est beaucoup plus plastique et corporel. C’est un nouveau champ qui s’ouvre à moi, même si je l’avais déjà amorcé en travaillant avec des masques en silicone dans «Abymes 2», en 2013.»

Audrey Cavelius évolue par l’exploration. Graduelle, sinueuse, plurielle. «Je suis très empirique, je cherche longtemps.» Elle se nourrit de ses références artistiques, ses lectures multiples sans pour autant s’inspirer de figures tutélaires. Une exception: Clément Rosset. Elle dépeint le philosophe décédé il y a un peu plus d’un mois comme une référence absolue. «Je l’ai découvert il y a dix ans et il m’a bouleversée. J’ai créé le spectacle «Abymes» après avoir lu «Loin de moi, étude sur l’identité». C’est un chef-d’œuvre. Après, j’ai tout lu de lui. C’est comme si les mots de quelqu’un d’autre disaient ce que je cherche à exprimer.» (24 heures)

Créé: 14.05.2018, 10h30

«Séries»

Lausanne, Arsenic
Mardi 15 mai, mercredi 16 (19h30), jeudi 17 (20h), vendredi 18, samedi 19 (19h30) et dimanche 20 (17h)
Renseignements: 021 625 11 36
www.arsenic.ch

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