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ScèneMilo Rau a triomphé au Festival d’Avignon

Le metteur en scène et l’équipée de la Sélection suisse en Avignon ont brillé lors du prestigieux festival, dont la 72e édition était axée sur le genre.

«La Reprise», du Bernois Milo Rau, a triomphé.
«La Reprise», du Bernois Milo Rau, a triomphé.
MICHIEL DEVIJVER

Dithyrambique! La critique, unanime ou presque, a fait du Bernois Milo Rau le pape du 72e Festival d’Avignon. Morceaux choisis: «Sans nul doute le plus grand moment du festival», affirme, péremptoire, «Le Figaro». «Libération» abonde: «Cette poignante tragédie est une magistrale démonstration de ce que peut le théâtre.»

Quel est donc ce chef-d’œuvre tressé d’autant d’éloges? «La reprise», pièce aussi brillante que vibrante ciselée autour d’un fait divers sordide, le meurtre d’un jeune homosexuel, a captivé, bouleversé, remué le public du «IN» au Gymnase du Lycée Aubanel, après son triomphe à Vidy en mai dernier.

Trêve de chauvinisme. La cuvée 2018 a livré son lot de belles pages de théâtre. On a frissonné devant «Thyeste», dévorant sans le savoir la chair de ses enfants au cœur de la majestueuse cour d’honneur du Palais des Papes, sous la baguette d’un Thomas Jolly au diapason avec le texte de Sénèque. On a frémi devant les lourds secrets de famille dévoilés par Ivo Van Hove dans «Les choses qui passent». On s’est crispé, par contre, devant «Pur présent», triptyque tragique signé Olivier Py, porté par d’excellents comédiens mais inondé d’aphorismes.

Comme de coutume, la cuvée 2018 a connu ses ovations, ses échecs («Iphigénie», montée par Chloé Dabert), mais aura aussi, et surtout, mis la notion de genre au cœur du débat. «Avec cette thématique, l’écho du festival a dépassé les frontières. Il est devenu la possibilité d’un débat réel dans la société», relevait Olivier Py lors de la traditionnelle conférence de presse de clôture.

Le directeur y a dévoilé un bilan aussi radieux que la météo: une fréquentation culminant à 95,5%, soit plus de 150 000 personnes venues assister aux 47 spectacles (pour 224 représentations dans 40 lieux).

Jetons un œil, enfin, du côté de la Sélection suisse en Avignon, vitrine des productions de chez nous. On citera notamment «Quitter la Terre», conférence délicieusement loufoque de Joël Maillard et Joëlle Fontannaz, et «Knusa/Insert coins», performance chorégraphique de Cindy Van Acker en dialogue avec les photographies de Christian Lutz. Électrisant et percutant.

Histoire de nous mettre l’eau à la bouche, Olivier Py a révélé le thème de la 73e édition: en juillet 2019, les artistes nous embarqueront dans une Odyssée. Rêveries en perspective!

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