Des cabossés de la vie montent sur scène

ThéâtreInitié par le Groupe d’accueil et d’action psychiatrique et par Rebond’Art, «On est tous Achille», spectacle mi-pro mi-amateur, aborde le thème de la vulnérabilité.

Sur scène, des comédiens amateurs côtoient deux acteurs professionnels.

Sur scène, des comédiens amateurs côtoient deux acteurs professionnels. Image: JEAN-CHRISTOPHE LEROY

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Achille. Héros mythique de la guerre de Troie. Figure légendaire, aussi, de la vulnérabilité. Par la métaphore, ce personnage ambivalent – victorieux puis trahi par son fameux talon – se trouve au cœur du spectacle On est tous Achille, présenté ce week-end à la Maison de Quartier de Chailly, à Lausanne. Sur scène, des cabossés de la vie, en proie à des souffrances psychiatriques ou à des dépendances. «Cette aventure leur permet de prendre confiance en eux, voire de reprendre goût à la vie, grâce à une activité autre que ce que leur proposent les mesures thérapeutiques», souligne Anne Leroy, présidente de Rebond’Art. Cette association s’est unie au Groupe d’accueil et d’action psychiatrique (Graap) pour offrir à des personnes vivant en marge de la société l’occasion de monter un projet commun. De former une troupe, le temps de quelques mois. De créer un vrai spectacle.

Pas question, donc, de bricoler une pièce de pacotille avec deux ou trois projecteurs accrochés avec des bouts de ficelle. Non, l’équipe s’est adjoint le talent de professionnels des arts du spectacle. Deux auteurs, Nicolas Yazgi et Anne-Frédérique Rochat, ont composé chacun un texte sur le thème de la vulnérabilité. Le premier a tissé sept monologues autour de son propre vécu. «J’ai suivi deux ateliers donnés par le Graap, cela m’a donné une idée d’une certaine sensibi­lité. Je me suis aussi nourri de ce que j’ai pu ressentir dans mon entourage.» La seconde, elle, a brodé une courte pièce, Le cabinet des vulnérabilités. Le texte met en scène des personnages enfermés par les forces de l’ordre, et contraints à se dévoiler. Pour quel grief? On ne le saura pas. «J’ai eu envie de parler de la façon dont la mécanique sociale amène la vulnérabilité.» Sans pour autant plomber l’assistance: la pièce est décalée et parsemée d’humour, assure-t-elle.

«Nous ne leur avons pas demandé de quoi ils souffraient. Le fait de porter en eux une certaine vulnérabilité ne doit pas les empêcher d’oser faire des choses»

Décliné en deux parties, le spectacle est orchestré en duo par les metteurs en scène Sébastien Ribaux et Sophie Pasquet-Racine. Postulat de départ: monter une pièce avec des comédiens amateurs. Point. «Nous ne leur avons pas demandé de quoi ils souffraient. Le fait de porter en eux une certaine vulnérabilité ne doit pas les empêcher d’oser faire des choses», souligne Sébastien Ribaux. Sophie Pasquet-Racine complète: «L’adéquation entre le texte et les comédiens a été immédiate. Ils ont des présences bien à eux. Je n’ai pas abordé ce projet en me disant qu’il serait plus compliqué qu’un autre.»

Anne Leroy dépeint quant à elle une réalité un peu plus contrastée. «Il était indispensable que les rôles soient dédoublés et que nous soyons un référent pour les participants.» En cas de pépin, d’angoisse, un comédien peut renoncer et se faire remplacer. Sur scène, ils peuvent aussi s’appuyer sur deux acteurs pros, Anne-Sophie Rohr-Cettou et Pierandre Boo. Au-delà de ces barrières, l’expérience – qui se prolongera dans une tournée romande – semble jouer un rôle thérapeutique pour ces cabossés de la vie. «Quelqu’un m’a dit: «Maintenant, je sais que je peux me surpasser», confie Anne Leroy. Et, chez la plupart, un esprit de coquetterie s’est réaffirmé. Certains ont changé de posture. Je crois que ce spectacle les a marqués profondément.»


Lausanne, Maison de Quartier de Chailly Samedi 28 octobre (19h) et dimanche 29 (17h) Réservations: spectacle@animation-chailly.ch ou 079 454 07 24 www.animation-chailly.ch

Créé: 24.10.2017, 19h37

Médiation judiciaire au théâtre

Le 24 novembre prochain, l’Opéra de Lausanne accueillera
Sweet Justice, pièce de théâtre articulée autour de la médiation judiciaire. Cet art de la résolution des conflits demande indépendance, impartialité et confidentialité. Ses codes impliquent une écoute attentive et une reformulation des propos. Ils retracent, aussi, le vécu des personnes impliquées. Ici, le théâtre se fait médium de l’analyse des rouages – souvent délicats – d’une pratique qui gagne sans cesse du terrain en Europe.
Inspirée de faits réels, la pièce a été écrite et co-mise en scène par Guy A. Bottequin, lui-même médiateur judiciaire à Genève. Le synopsis? Un couple est sur le point de divorcer. A l’amiable. Lui est cardiologue, elle gynécologue. Ensemble, ils ont un enfant de 12 ans. Seulement voilà, ils ne parviennent pas à s’entendre sur la liquidation du régime matrimonial. Les choses se compliquent: une médiation s’impose. Vont-ils finalement réussir à s’entendre?




Lausanne, Opéra

Vendredi 24 novembre (15h et 20h)
Réservation: 021 315 40 20
www.opera-lausanne.ch
www.sweetjustice.ch

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