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La Cordonnerie détricote gaiement «Blanche-Neige»

A Vidy avec deux spectacles tout public, la troupe lyonnaise se réapproprie le célèbre conte des frères Grimm qu’il modernise avec inventivité, mêlant cinéma, musique et théâtre.

Pour la Cordonnerie, la belle-mère de Blanche-Neige, incarnée par Métilde Weyergans, est une quadra qui fait face à une adolescente fugueuse.
Pour la Cordonnerie, la belle-mère de Blanche-Neige, incarnée par Métilde Weyergans, est une quadra qui fait face à une adolescente fugueuse.
Sébastien Dumas

Blanche-Neige était-elle réellement l’innocente victime du narcissisme de sa marâtre? Et quel destin a vécu le père de la célèbre héroïne, grand absent et pourtant élément déclencheur de l’un des plus fameux récits de la culture populaire occidentale?

Blanche-Neige ou la chute du mur de Berlin et Udo, complètement à l’est, à voir à Vidy, dégoupillent joyeusement le conte des frères Grimm et proposent aux familles deux sympathiques rendez-vous scéniques, à la frontière du théâtre et de l’audiovisuel. Des propositions artistiques originales imaginées par la troupe de La Cordonnerie, qui s’est faite pour spécialité de malaxer sans gêne fables et autres classiques de répertoire. Avec humour, décalage et, surtout, une bonne dose d’inventivité.

Théâtre et cinéma fusionnent

Les créations de cette troupe, fondée à Lyon en 1997 par Samuel Hercule et Métilde Weyergans, sont des ciné-spectacles qui fusionnent théâtre et septième art. Des spectacles vivants hybrides, complétés par la projection sur grand écran d’un film muet, d’apparitions spectrales, de musique jouée en live et, surtout, de bruitages, ambiances sonores et de dialogues entièrement assurés en direct par les comédiens et musiciens.

Sans pratiquer la folie absurde et les joyeux dynamitages bricolés par le collectif britannique Forced Entertainment – passé par Lausanne il y a deux ans –, la compagnie se distingue par une esthétique remarquable et le soin apporté à la fusion des éléments disparates de ses spectacles. Le travail de La Cordonnerie se démarque également par les thèmes contemporains insufflés dans des histoires que l’on pensait immuables.

Blanche-Neige est une ado gothique fugueuse

Disney peut aller se rhabiller, Bruno Bettelheim passer aux oubliettes! Dans le premier spectacle joué jusqu’à samedi, aucun animal qui chante, sorcière au nez crochu ou interprétation psychanalytique. Le royaume est désormais une cité «pas terrible» avec des tours grisâtres. Le miroir «qui parle» trône dans une salle de bains et le prince porte des baskets Stan Smith. Blanche-Neige (tout de noir vêtue) est une adolescente gothique qui fugue et pique des nains dans les jardins des voisins.

On se situe en 1989, peu avant la chute du mur de Berlin. Le public découvre le conte – une fois n’est pas coutume – du point de vue de la reine, qui doit affronter la crise d’adolescence de sa belle-fille. Elle est hôtesse de l’air, une quadra qui refuse de vieillir et pratique l’aérobic devant sa télé. A la radio, en écho à la difficile réconciliation entre les deux femmes, les infos égrènent la fin du rideau de fer.

Sur un mode ludique

Histoires intimes et Grande Histoire se mêlent sur un mode ludique. Les ressorts essentiels à la version originale ont été conservés, et le public s’amuse à les débusquer au détour de l’histoire réinventée par La Cordonnerie.

Dans Udo…, le projet – plus libre et, formellement, plus truculent que le premier – consiste, cette fois-ci, à imaginer ce qu’est devenu le père de Blanche-Neige. Trapéziste, il a honoré un contrat dans un cirque en Russie et narre les péripéties qui l’ont tenu éloigné du royaume.

Spectacles vivants «augmentés» ou projections cinématographiques complétées de la force du réel, les doubles lectures réalisées avec finesse par les Lyonnais oscillent entre profondeur et légèreté. De quoi plaire aux plus petits comme aux ados ou à leurs parents.

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