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LausanneLa crise du milieu théâtral arrive dans l'arène politique

Des conseillers communaux de trois partis différents déposent une interpellation urgente à propos du débat qui anime le paysage scénique vaudois.

Vaisseau amiral de la création romande, le Théâtre de Vidy est au coeur du débat qui secoue le paysage théâtral vaudois à propos de la place faite aux artistes locaux, au bord de l'eau mais également sur les autres scènes lausannoises.
Vaisseau amiral de la création romande, le Théâtre de Vidy est au coeur du débat qui secoue le paysage théâtral vaudois à propos de la place faite aux artistes locaux, au bord de l'eau mais également sur les autres scènes lausannoises.
Patrick Martin

Fait rare, ce sont des représentants de trois partis très éloignés sur l’échiquier qui montent au front. Et amènent dans l'arène politique le débat qui secoue, depuis dix jours, le milieu théâtral lausannois, voire vaudois. Les conseillers communaux Alain Hubler (POP), Eliane Aubert (PLR) et Séverine Evéquoz (Verts) déposent, mardi, une interpellation urgente afin de connaître la position de la Municipalité lausannoise sur le dossier. A travers 8 questions, ils lui demandent sa vision à propos de «la mission d'un théâtre subventionné par les pouvoirs publics». Quand et comment compte-t-elle donner suite à la déclaration du syndic qui, en novembre dernier dans les colonnes de 24 heures, souhaitait que «la Ville veille à la diversité des expressions esthétiques dans chaque discipline.»

«Quelle évaluation la Municipalité fait-elle de la crise qui secoue le milieu théâtral vaudois mais plus particulièrement lausannois?» questionnent également les élus qui s'inquiètent, entre autres, de la baisse de fréquentation du Théâtre au bord de l'eau. Dans nos colonnes, le 16 mai, Vincent Baudriller confirmait qu'entre 2012 et 2016, et pour les années civiles, le nombre de spectateurs était passé de 77'000 à 47'000. A ce propos, il précisait également que le taux de fréquentation restait plus qu'honorable: la saison 2016-2017 vient d'ailleurs de se boucler avec un taux de 82%, un taux proche voire supérieur à celui affiché par de nombreux autres théâtres de la région.

Un tiers de productions du terroir

Autre élément qui motive les trois élus à interpeller le syndic, également chef du Service de la culture: «la proportion de productions locales au Théâtre de Vidy, qui est actuellement d'un tiers». Dans sa prise de position publiée le 13 mai, le comédien Jean-Luc Borgeat a émis l'idée de dédier l'un des quatre plateaux de Vidy à des créateurs romands. «Cette proposition est-elle envisageable et souhaitable?», demandent les interpellateurs qui veulent également connaître dans le détail le rayonnement vécu par les compagnies vaudoises à l'étranger, grâce au soutien des équipes dirigées par Vincent Baudriller.

Ultime point soulevé par le texte cosigné: la «mise en application de la profession de foi» du nouveau municipal de la Culture lausannoise. Toujours dans 24 heures, Michael Kinzer a explicité la «boussole» qui guidait son action: «Très certainement le fait que de nombreux artistes locaux vivent avec une réelle difficulté financière, voire dans des conditions de grande précarité. Une ville a l'obligation de gérer cela avant tout. Pour aller à l'extrême, je dirais que le rayonnement international, au demeurant essentiel pour le développement d'une ville, est l'aspect le plus éloigné de ce que devrait être une politique culturelle».

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