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ThéâtreAu Crochetan, un Don Juan clownesque fait face à la mort

Le libertin prend les traits du clown blanc dans la relecture fantasque du mythe par Jean Lambert-wild et Lorenzo Malaguerra. Critique.

Jean Lambert-wild prête les traits de son clown blanc, Gramblanc, à Don Juan.
Jean Lambert-wild prête les traits de son clown blanc, Gramblanc, à Don Juan.
TRISTAN JEANNE-VALÈS

Visage opalin et cheveux vermillon, le Don Juan campé par Jean-Lambert-wild prend les traits de Gramblanc – clown blanc que le comédien promène sur les planches depuis plusieurs années. Face à lui, le robuste Steve Tientcheu contraste en costume noir orné d’un squelette, dans le rôle de Sganarelle. Le duo fonctionne à merveille dans ce «Don Juan ou le festin de pierre», créé en mars dernier au Théâtre de l’Union à Limoges, à l’affiche dès lundi au Crochetan, à Monthey.

Dans leur lecture fantasque et farcesque du mythe, Lorenzo Malaguerra et Jean Lambert-wild, complices de longue date, ont choisi d’exhaler la part comique du «plus grand scélérat que la terre ait jamais porté», resserrant ici le texte de Molière, ajoutant là des bribes de Tirso de Molina, de Pouchkine ou de Lord Byron.

Entre funeste et burlesque

Don Juan se joue effrontément de la mort, tantôt par le geste (en dégainant son pistolet à tout-va), tantôt par le verbe, provocateur et narquois. Comme pris en otage, le trio de musiciens (Denis Alber, Pascal Rinaldi et Romaine, les Suisses de la Cie de l’Ovale) assiste malgré lui aux facéties mortifères du cynique libertin, embaumant d’intermèdes burlesques son inexorable descente vers le tombeau.

Le dessein d’entrelacer la farce et le tragique est clair, mais hélas la frivolité l’emporte trop souvent sur la cruauté de la fable. Gorgée de borborygmes, la fameuse scène du Commandeur, acmé de la pièce, s’enlise dans une esthétique grotesque peu convaincante.

Les comédiens sont par ailleurs écrasés par le décor chatoyant et métaphorique, conçu comme «des entrailles hors du temps». Visuellement, la scénographie est somptueuse. Mais le mythe donjuanesque tend à s’effacer derrière les tapisseries d’Aubusson et les porcelaines de Limoges.

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