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ScèneDada en week-end à Lausanne, puis à Yverdon et à Gland

La Grange de Dorigny et le Théâtre de Vidy s’allient pour évoquer l’esprit de la fameuse subversion artistique

«Dada ou le décrassage des idées reçues», une pièce de Geneviève Pasquier qui fait exploser sur scène - et en musique - le noyau historique de ce mouvement d’avant-garde.
«Dada ou le décrassage des idées reçues», une pièce de Geneviève Pasquier qui fait exploser sur scène - et en musique - le noyau historique de ce mouvement d’avant-garde.
ISABELLE DACCORD/LDD

Le centenaire du mouvement dada, né en 1916 à Zurich au Cabaret Voltaire, a déjà été abondamment célébré l’an dernier. Cette fin de semaine, le Théâtre de Vidy et la Grange de Dorigny en remettent pourtant une couche – et pourquoi pas car «Dada est partout!» – avec un «Week-end dada» qui profite de la tournée du spectacle Dada ou le décrassage des idées reçues, créé l’an dernier au Théâtre des Osses. Il sera également joué à l'Echandole, les 9 et 10 février puis à Gland, le 14.

En plus des représentations de cette pièce «déboîtée» – elle use d’une habile scénographie où le contenu d’une grosse boîte finit par se déverser chaotiquement dans l’espace de la scène –, l’offre autour de cette avant-garde artistique subversive et de ses prolongements contemporains est complétée par une table ronde où l’on note la présence du duo OU.P.S., explorateur de poésie sonore, dimension que Kurt Schwitters avait défrichée avec son Ursonate. De son côté, Vidy programme les Modules Dada d’Alexis Forestier qui, par son théâtre musical, en ressaisit les potentialités avec autant d’inventivité que d’attention historique. Samedi en fin de soirée, un «Cabaret dada» ouvert à tous s’inspire de l’esprit festif et impertinent de ces agitateurs mythiques en conviant plusieurs intervenants du week-end et le jeune artiste Andrea Marioni.

Invoquer le totem Dada est toujours salutaire car ce mouvement fut l’un des premiers à exprimer un refus radical face à la montée de la violence, situation à laquelle notre société est à nouveau confrontée selon de nouvelles modalités. Mais il est toujours délicat de réactiver une attitude qui a bénéficié d’une si large postérité artistique. A des degrés divers, des pans entiers de la création et de l’activisme du XXe siècle sont tributaires de Dada: surréalisme, Cobra, situationnisme, Fluxus, Pop Art, Arte povera, punk, sont tous les héritiers de ce premier geste à l’irrévérence consommée.

L’un des plats de résistance du week-end, Dada ou le décrassage des idées reçues a ainsi surtout choisi d’évoquer l’original. Privilégiant le matériau rudimentaire du carton et (parfois excessivement) la poésie, le spectacle déploie un très bel éventail d’inventions et une «contamination» scénique très réussie. Tant pis si Les mamelles de Tirésias d’Apollinaire, texte pourtant contemporain, ne se situe pas dans l’orthodoxie dada. Par leur côté ludique, les choix de mise en scène de Geneviève Pasquier font parfois oublier la virulence du propos, sa fièvre d’époque, mais ils manifestent une compréhension profonde des enjeux historiques et parviennent à moduler les plaisirs de l’absurde sur les gammes de la musique et de la pantomime.

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