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Théâtre«La Despedida», fête d’adieu à la guerre civile et à un rêve révolutionnaire

La troupe Mapa Teatro questionne la notion de mémoire après la signature de la paix en Colombie. A voir lors d’un mini-festival.

Décrit comme une ethno-fiction, le spectacle «La Despedida» mêle documents réels et fictifs du conflit colombien.
Décrit comme une ethno-fiction, le spectacle «La Despedida» mêle documents réels et fictifs du conflit colombien.
DR

Après le conflit, le devoir de mémoire. A Vidy, la troupe colombienne Mapa Teatro interroge les images (souvent biaisées), les stigmates qui s’impriment dans la mémoire collective au terme de 52 ans de guerre civile rageuse. En guise d’épilogue au triptyque Anatomie de la violence en Colombie, La despedida plonge au cœur de la jungle, dans un ancien camp des FARC transformé en musée vivant après la signature de la paix fin 2016. Le spectacle sera créé dans le cadre du minifestival «¿Que tal Bogotá?» du 18 au 21 octobre, à Vidy et au TKM. Entretien avec les artistes colombiens d’origine suisse, Heidi et Rolf Abderhalden.

«Despedida» signifie fête d’adieu en espagnol. La fête de la fin du conflit?

Rolf Abderhalden. Oui, c’est une fête d’adieu à une guerre civile. Mais aussi à une vieille utopie. C’est la fin d’un vieux rêve révolutionnaire. La question, maintenant, c’est comment on va se souvenir de ce conflit.

Heidi Abderhalden. C’est une guerre des mémoires qui commence. Cet exercice prendra du temps, car la Colombie est un pays qui préfère l’oubli à la mémoire.

Votre démarche relève-t-elle du théâtre documentaire?

R. A. Nous essayons d’éviter ce terme pour ne pas classer nos spectacles dans un «mode de faire». Nous travaillons plutôt dans le sens de l’«ethno-fiction». Le rapport entre document et fiction est bien plus ambigu et subtil qu’il n’y paraît. Dans cette optique, nous avons créé de fausses archives, nous convoquons de faux témoins, que nous mêlons à des documents et témoignages réels.

Une façon de générer une réflexion chez le spectateur quant à sa propre perception du conflit colombien?

R.A. Absolument. On essaie de démontrer qu’il y a une théâtralité dans le réel. Que le réel est une construction fictionnelle. Et le théâtre est le média par excellence pour montrer cela! Il offre un cadre à une pensée-montage qui mélange tous les paradoxes de cette guerre où les vérités ne sont jamais fixes, où des victimes sont devenues bourreaux et inversement.

Quel regard portez-vous sur la situation actuelle en Colombie?

H. A. Nous nous trouvons aujourd’hui face à la construction d’une nouvelle morale. Pour ma part, je pense l’avenir à la fois avec beaucoup d’espoir et de scepticisme.

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