Un duel de légende revisité dans un spectacle total au Château de Morges

ThéâtreLes derniers jours d’Othon de Grandson, importante figure du Pays de Vaud, font l’objet d’une grosse production dès mercredi.

Deux des protagonistes combattent avec une armure de près de seize kilos.

Deux des protagonistes combattent avec une armure de près de seize kilos. Image: Odile Meylan

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Des combats, des épées, de la danse, du théâtre, des acteurs et des figurants, voilà qui détonne dans le cadre habituellement feutré du château de Morges. La compagnie Baati Legani n’aurait pourtant pas pu rêver d’un site mieux adapté pour présenter «L’Ordalie», fruit de plus d’une décennie de maturation.

Dès ce mercredi 4 septembre et durant tout le mois, la cour intérieure sera en effet le théâtre de ce conte épique qui relate les deux derniers jours de la vie du chevalier et poète Othon de Grandson, mort en 1397 au cours d’une ordalie (un duel) à Bourg-en-Bresse. «C’est un drame où l’on rit malgré tout. On est à mi-chemin entre le vaudeville et la pièce shakespearienne», résume le metteur en scène Jan Fantys, à l’origine de cette création originale dont les prémisses remontent à près de treize ans. Dès mercredi, c’est sur un parterre de copeaux que quatorze comédiens redonneront vie à l’histoire rocambolesque d’une figure puissante du Pays de Vaud. Et pour les curieux qui souhaitent en savoir davantage sur son épopée, un historien viendra tous les soirs dans les caves du château raconter son histoire.

Au cours de cette fresque épique, le public entretiendra un rapport de proximité avec la troupe et se trouvera notamment plongé dans le duel final. «J’ai envie que ce soit une expérience immersive pour le spectateur, lance le metteur en scène qui est aussi maître d’armes. Le spectaculaire me semble très important et je souhaite proposer aux gens quelque chose qui les amène à rêver et à se projeter ailleurs.» Derrière les costumes somptueux, qui vont de pair avec une création lumière et des décors étudiés, se traduit l’affection toute particulière de Jan Fantys pour l’opéra. «C’est un univers qui m’est cher car c’est le premier lieu où j’ai expérimenté la scène.»

Immersion dans l’histoire

Afin de coucher sur le papier l’histoire fascinante du poète, c’est vers une connaissance de longue date, l’auteur Michel Moulin, que s’est tourné le metteur en scène. Achevé en 2006, le récit n’a pas été écrit sans un important travail de recherche, afin d’assurer vraisemblance et fidélité historiques.

«J’ai d’abord dû trouver un style de prose poétique qui sonne un peu comme au XIVe siècle», explique celui qui a également un rôle dans la pièce. «Avec le recul, je n’ai plus la sensation d’être le propriétaire de mon texte, même si j’y décèle ma patte.» Outre la belle complémentarité entre un metteur en scène et un écrivain férus d’histoire, l’aventure n’aurait pas pu voir le jour sans l’investissement d’une équipe de passionnés aux compétences variées.

Pour le metteur en scène, l’un des moments phares de la concrétisation du projet fut la rencontre avec la directrice du château et de ses musées, Adélaïde Zeyer, au cours d’un festival de cape et d’épée à Morges. «Jan Fantys est un personnage extraordinaire avec une personnalité flamboyante qui se situe à la jonction entre le monde de l’histoire et celui des arts du spectacle», raconte l’historienne pour qui l’accueillir lui apparaît comme une évidence. «Cela permet de faire parler le patrimoine conservé ici et c’est aussi l’occasion d’utiliser autrement la cour d’honneur et de prendre le temps de la contempler.»

Créé: 02.09.2019, 17h25

Un rôle taillé sur mesure

L’allure fière malgré les quelque seize kilos que pèse son armure, Edmond Vullioud, qui interprète Othon de Grandson, admet en riant: «Je fais régulièrement des cauchemars où je me vois en train d’étouffer. C’est une expérience qui dépasse le jeu et qui touche au physique et au mental.»

Pour le lauréat du Prix culturel vaudois du théâtre en 2017, «L’Ordalie» est une expérience à ne pas manquer. «Ça va être un régal de jouer en plein air un spectacle grand public.

Je réalise également un rêve de petit garçon, celui de jouer en armure.» Pour s’approprier au mieux son personnage, le comédien s’est plongé dans les écrits du chevalier du XIVe siècle. «J’en savais peu sur cet homme, mais la poésie que j’ai découverte est magnifique.»

Au-delà du beau costume, cet habitué des pièces de cape et d’épée est enthousiaste quand il évoque l’ambiance au sein de l’équipe. «J’ai découvert des gens avec un peu moins de bouteille que moi, mais qui sont ouverts, généreux, francs et précis.»

Infos pratiques

Château de Morges
Du 4 au 28 septembre
Du lundi au samedi par tous les temps

www.ordalie.ch

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