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GenèveLe Grand Théâtre ne recevra pas d'aides. Sauf si Berne change d'avis...

«Si nous ne pouvons combler les pertes financières, ce sera la faillite», prévient le directeur de l'institution lyrique, Aviel Cahn.

Le Grand Théâtre de Genève dans écrin urbain.
Le Grand Théâtre de Genève dans écrin urbain.
Keystone

Mis à mal par le coronavirus, le monde de la culture, comme d’autres secteurs économiques, peut demander des aides publiques, notamment pour l’indemnisation des pertes financières. Une ordonnance prise par la Confédération. De nombreuses structures y ont droit, qu’elles soient privées, associatives, à but lucratif ou non. À l’exception notable des entreprises de droit public. Ainsi du Grand Théâtre de Genève. Problème: la maison lyrique accuse des pertes importantes en raison de l’annulation de nombreux spectacles.

On se souvient des «Huguenots», fin février: le nombre de spectateurs très restreint par les prémices de la crise sanitaire, la billetterie filait déjà dans le rouge. Or, rappelle la direction, c’est uniquement sur la vente des billets, le mécénat et autres recettes propres que le Grand Théâtre couvre les frais des productions artistiques – les subventions, elles, financent les salaires fixes et les infrastructures. Que dire alors de la suite de la saison? «Cenerentola», «Voyage vers l’espoir», «Electric Dreams»: trois opéras ont été biffés de l’agenda, ainsi qu'un ballet. En attendant la très probable annulation de «Saint François d’Assise», prévu en juin.

«N'est-ce pas ridicule!»

«Les pertes devraient s’élever entre 1,5 et 3 millions de francs, pour des productions déjà payées mais qui ne peuvent plus nous rapporter», estime le directeur du Grand Théâtre, Aviel Cahn. Qui assène: «Si ce montant n’est pas comblé, le Grand Théâtre fera faillite.» Tout espoir n’est pas perdu, cependant.

On sait qu’à l’heure actuelle le conseiller d’État chargé des mesures d’aide, Thierry Apothéloz, ainsi que Sami Kanaan, magistrat en Ville de Genève, qui subventionne le Grand Théâtre, tentent encore d’obtenir une décision favorable à Berne, «Il n’y a aucune raison logique de refuser une telle aide», affirme Aviel Cahn, prenant pour exemple l’opéra de Zurich. Parce que ce dernier est constitué en société anonyme, il y a droit. «N’est-ce pas ridicule! Nous faisons le même travail. Certes, nous avons ce statut de droit public. Mais c’est d’autant plus absurde que, sur divers aspects, le Grand Théâtre est traité comme une fondation de droit privé.»

Et si les aides lui échappaient définitivement, le Grand Théâtre pourrait-il se tourner vers de généreux mécènes? Difficile, constate Aviel Cahn: «Certaines personnes ont renoncé à se faire rembourser leurs abonnements. Quant aux mécènes, il n’est pas assuré que ceux-ci versent le plein montant de leur soutien, alors que les représentations n’ont pas eu lieu.»

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