Jonathan Capdevielle invite à une odyssée à travers sons

Festival AntigelLe metteur en scène français revient jusqu’à dimanche à l’Arsenic, avec «Rémi», inspiré d’Hector Malot et «Sans famille».

Maître Vitalis (Babacar M'Baye Fall) chevauche les épreuves avec le jeune Rémi sans famille (Dimitri Doré).

Maître Vitalis (Babacar M'Baye Fall) chevauche les épreuves avec le jeune Rémi sans famille (Dimitri Doré). Image: MARC DOMAGE

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Plusieurs vents contraires emportent «Rémi» sur les vagues. Parmi les embruns au milieu de l’immensité, on hume Victor Hugo. Dans l’infortune du mousse, on flaire Charles Dickens. Lewis Carroll souffle l’extravagance surréaliste, pendant que la Zazie de Raymond Queneau déchaîne ses facéties. Pourtant, c’est bien Hector Malot et son phare de la littérature enfantine, «Sans famille» (1878), qui guident Jonathan Capdevielle tout au long de ce diptyque destiné aux 8 ans et plus.

Son coffre, l’artiste français jonglant entre comédie, marionnettes, danse, chant et ventriloquie, en a déjà montré l’étendue à Lausanne, à l’Arsenic, avec «Saga» (2015) et «Un crime» de Georges Bernanos (2018) ou, à Genève à Saint-Gervais, avec «Adishatz/Adieu». Après un passage, la semaine passée, au Festival Antigel et au Théâtre Les Halles à Sierre, il gonfle encore, du côté de l’Arsenic dès mercredi, sur cet esquif parcouru d’un câble lumineux pour toute scénographie.

Expérimentations phoniques

Manœuvré par quatre marins dentelliers: le jeune Dimitri Doré dans le rôle-titre, hybride féérique de Jean-Pierre Léaud et Leos Carax; l’acrobatique Jonathan Drillet, un fidèle de Capdevielle, jouant notamment le chimpanzé orange Joli-Cœur; le colosse Babacar M’Baye Fall en Vitalis, ce saltimbanque qui prend l’orphelin sous son aile et lui enseigne tout de go la vie, la France, l’ancrage itinérant, la liberté et le travail artistique; enfin la Romande Michèle Gurtner, véritable Protée épousant la forme, ici, de la mère adoptive, là du lévrier afghan, ailleurs d’une croisiériste timbrée.

À ces cordages se mêle un traitement sonore qui relève du tour de force. Pour figurer l’éducation sensorielle de Rémi, le metteur en scène compte indéniablement sur d’insolites images qui iront s’imprimer sur les rétines. Mais il table plus encore sur les expérimentations phoniques qui frapperont les tympans: bruitages de sources diverses, bandes-sons concurrentes, voix off, paroles émises sans remuer les lèvres, transmissions radiophoniques, chansons, échos, enregistrements et j’en passe.

Comme à son habitude, le metteur en scène en jette plein les oreilles. Qui plus est, prolongement autant que signature, il remet à chaque spectateur au sortir du spectacle un CD en guise de second épisode. De retour chez vous, vous écoutez Capdevielle et sa troupe de magiciens vous embarquer plus loin dans l’aventure...

Lausanne, Arsenic
Je 6 et sa 8 fév. (19h), di 9 (16h), me 5 et ve 7 (complet),
www.arsenic.ch

Créé: 03.02.2020, 16h04

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