Jubilaire, le CPO voit son avenir en flou

ScèneEn 2019, la salle lausannoise fêtera ses 50 ans sur fond d’incertitude. Le point avec sa directrice.

Véronique Biollay Kennedy programme des spectacles et toutes sortes d’activités.

Véronique Biollay Kennedy programme des spectacles et toutes sortes d’activités. Image: ODILE MEYLAN

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En mai prochain, les festivités marquant le jubilé du CPO auront sans doute une saveur douce-amère. Douce, parce que le Centre pluriculturel et social d’Ouchy s’est taillé une belle place dans le paysage lausannois et rayonne bien au-delà du quartier. Amère, parce qu’un certain flou plane sur son avenir. «Nos activités sont reconnues et appréciées pour ce qu’elles apportent à la collectivité, rassure sa directrice, Véronique Biollay Kennedy. Mais nous sommes dans une phase de transition.» Quelles perspectives incertaines menacent cet espace hétéroclite où se côtoient une myriade d’activités? Pour le comprendre, il faut remonter à ses origines.

Crowdfunding avant l’heure

Flash-back en 1967. La paroisse voisine, à l’étroit dans les locaux du temple de la Croix-d’Ouchy pour organiser certaines de ses activités, décide de fonder un centre lié à l’église mais ouvert sur le quartier. La formule est novatrice pour l’époque: les habitants des alentours financent le million que coûte la construction via l’achat de parts ou par des dons. Le crowdfunding avant l’heure. Enthousiaste, la Ville de Lausanne, propriétaire de la parcelle, octroie à l’association nouvellement créée un droit de superficie d’une durée de cinquante ans. Le bâtiment, dessiné par Pierre Grand (l’architecte du Théâtre de Beausobre, à Morges), est inauguré en 1969.

Au passage, les autorités y saisissent une opportunité. «La convention impliquait la mise à disposition d’un réfectoire scolaire pour le secondaire, rappelle Véronique Biollay Kennedy. Puis, avec l’évolution de l’accueil parascolaire, les modalités ont évolué. Désormais, les élèves fréquentent le CPO tout au long de la journée.» Or, la Ville est actuellement en pleine réflexion sur l’accueil parascolaire, dont la demande croît constamment. Elle pourrait bien lorgner du côté du terrain et des locaux du CPO. «Le droit de superficie a été prolongé jusqu’en 2020. Pour la suite, nous sommes en discussion.»

Difficile, dans un tel contexte, de se projeter dans l’avenir. Sans compter que l’équipe a une sacrée épine dans le pied: l’ex-Centre paroissial d’Ouchy a du mal à se défaire de cette étiquette religieuse qui en rebute certains. Pourtant, plus rien ne le relie à l’Église depuis belle lurette. En 2002, l’Église réformée vaudoise (EERV) fusionnait les trois paroisses de Sous-Gare. Logée désormais à Saint-Jean, l’ex-paroisse d’Ouchy se séparait du CPO et laissait le soin à l’association d’en reprendre seule le flambeau. Le centre s’est alors délesté de son épithète de «paroissial» pour devenir «pluriculturel et social».

En fait, il suffit de rembobiner un peu plus pour découvrir que les lieux n’ont jamais été placés sous la férule protestante. Dès le début, l’association avait tout loisir d’accueillir concerts et spectacles pas franchement bigots. «C’était un lieu mythique car il y avait peu de scènes à Lausanne dans les années 70 et 80», relate Véronique Biollay Kennedy. On y applaudit Bashung, Higelin ou Sarclo. «Chaque animateur a apporté sa patte. Par exemple, Jean-Marc Desponds a développé des concerts folk.»

Nouveau public grâce au Lido

Et aujourd’hui? Le CPO a conservé son esprit originel. Un lieu vivant où se succèdent une foule d’activités socioculturelles, de la Fête de la courge (ce samedi) aux marchés aux puces (tous les jeudis), sans oublier les nombreux locataires. Quant à la saison théâtrale (lire encadré), elle a connu un joli coup de projecteur depuis que les spectacles du Lido y ont trouvé refuge. «Les regards se sont davantage tournés vers nous et cela nous a permis d’attirer un nouveau public», observe la directrice. N’est-ce pas le moment opportun pour arborer une nouvelle identité visuelle? «Nous nous pencherons sur la question lorsque l’avenir du CPO sera clarifié.»

Créé: 23.10.2018, 11h04

Zoom sur la programmation

Entamée avec Philippe Soltermann et son très réussi «La joie des autres», la saison du CPO sera ponctuée de trois rendez-vous décoiffants répartis tout au long de l’année. Au rayon humour, la relève du stand-up romand titillera les zygomatiques du public, en solo ou en duo, lors des «Jokers! Comedy». Les as de l’impro, eux, bricoleront des histoires rocambolesques lors des soirées «Push» (le nouveau nom d’Improlido), tandis que l’équipe des Open Mic & Co dévoilera ses comédies musicales et invitera les spectateurs à pousser la chansonnette.

Irriguée d’humour et d’impro, la saison offrira également des spectacles introspectifs ou émouvants. Marjolaine Minot interprétera son solo intime, «Je suis la femme de ma vie» (1er et 2 nov.), Audrey Vernon racontera l’histoire d’amour de Karl Marx et de sa femme Jenny dans «Marx et Jenny» (1er-2 déc.), Caroline Loeb se glissera dans la peau de Françoise Sagan dans «Françoise par Sagan» (9-10 fév.) et le Théâtre des Osses présentera «Le journal d’Anne Frank» (27-28 avr.). Au rayon jeune public, on signalera notamment «Scrooge» par le PerpetuoMobileTeatro (15 déc.) et «La poupée cassée» par le Théâtre des Marionnettes de Genève (23 janv.).

www.cpo-ouchy.ch

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