Karim Slama range ses vannes

ThéâtreAvec «L’évadé», l’humoriste se lance un nouveau défi, celui de raconter des histoires au théâtre. A voir dès vendredi au 2.21.

Karim Slama campe un personnage qui vit dans l’esprit d’un homme atteint du «locked-in syndrome».

Karim Slama campe un personnage qui vit dans l’esprit d’un homme atteint du «locked-in syndrome». Image: CLAUDE DUSSEZ

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Karim Slama range ses vannes. Exit le stand-up, place au théâtre. Au 2.21, le comédien nous entraîne dans l’esprit d’un homme atteint du «locked-in syndrome», cette maladie qui immobilise le corps sans altérer l’état de conscience. «L’évadé», à voir dès vendredi au 2.21, marque un tournant dans la carrière de l’humoriste vaudois. Interview.

Vous quittez le registre de l’humour pour vous lancer dans le théâtre. Un sacré virage dans votre carrière…
Depuis 2006, j’ai monté trois one-man-shows sous forme de stand-up avec une bande sonore, et un best-of, «Sur-mesure». J’ai le sentiment d’avoir terminé une boucle. Aujourd’hui, j’ai envie de raconter une histoire complète avec un vrai fil conducteur, une vraie narration.

«L’évadé» aborde un thème plutôt dur. Le virage est d’autant plus marqué…
J’avais envie de partir sur l’histoire d’une personne qui, d’une manière ou d’une autre, est enfermée. Pour qu’elle ait besoin de s’échapper par l’imaginaire. Je voulais vraiment ce point de départ. J’ai d’abord pensé à la figure du prisonnier. Mais on voudrait savoir pourquoi il est incarcéré, et ça ne correspondait pas à l’axe que je voulais développer. Puis j’ai repensé au roman «Le scaphandre et le papillon», de Jean-Dominique Bauby, et à son adaptation au cinéma par Julian Schnabel, qui m’avaient beaucoup marqué. Ça a fait tilt.

La pièce est donc adaptée du roman?
Non, mais il en a donné l’impulsion. J’ai mené un travail d’écriture avec l’auteur tessinois Ferruccio Cainero lors d’une résidence que j’ai pu mener grâce à ma nomination au Prix suisse de la scène 2017. Ensemble, nous avons créé un personnage, une histoire. À partir de là, j’ai développé la bande sonore.

Que pouvez-vous nous dévoiler du spectacle?
Je joue un personnage qui vit dans le crâne d’un homme atteint du «locked-in syndrome». Mais je ne parle pas, les mots sont prononcés en voix off. Le fil de notre histoire traverse les phases de deuil du protagoniste, de la découverte de son état au moment où il comprend qu’il ne guérira pas. C’est un spectacle plus joyeux que triste. J’ai fait appel à Robert Sandoz pour la mise en scène car il y a toujours une touche de légèreté dans ce qu’il réalise.

Appréhendez-vous la réaction du public?
Je quitte une zone de confort tout en utilisant les outils qui font ma force, c’est-à-dire la bande sonore. Bien sûr, je suis habitué aux rires, qui sont très rassurants. Mais je n’ai jamais cherché à être un humoriste à «gage-minute».

Après «L’évadé», envisagez-vous de revenir à l’humour?
Pas pour l’instant. Je garde «Sur-mesure» car c’est une petite bouée de plaisir. Mais je vais vraiment essayer de mettre la narration en avant. J’aimerais monter des spectacles avec plusieurs comédiens.


Lausanne, 2.21
Ve 5 oct. (20 h 30), sa 6 (19 h), di 7 (18 h). Jusqu’au di 21 oct.
Rens. 021 311 65 40
www.theatre221.ch

Créé: 04.10.2018, 17h00

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