«Macbeth» réveille les pulsions primitives

ThéâtreL'immense tragédie écossaise de Shakespeare se joue sur la scène du Pulloff Théâtres de Lausanne jusqu’au 21 décembre. Critique.

Le comédien Raoul Teuscher dans le rôle de Macbeth, qui lui colle à la peau.

Le comédien Raoul Teuscher dans le rôle de Macbeth, qui lui colle à la peau. Image: Gaia Baur/LDD

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C’est un «Macbeth» très particulier que donne à voir et à entendre le metteur en scène Geoffrey Dyson au Pulloff Théâtres de Lausanne. Servie par une distribution solide quasi exclusivement masculine, la version lausannoise de la tragédie la plus jouée de Shakespeare a le mérite de bien faire entendre le verbe haut du dramaturge élisabéthain dans une traduction maison, faite par Geoffrey Dyson lui-même et Antoinette Monod.

Amoureux des mots et bon élève, le metteur en scène privilégie une scénographie épurée, caverneuse, faite de bouts de bois éparpillés et de draps suspendus, afin de donner encore plus de résonance à la folie des conjoints souverains, à leur soif de pouvoir et de vengeance, dont la dimension cauchemardesque ne se dément pas. La pièce démarre par la prophétie maléfique des trois sorcières: «Tu seras roi!» On connaît bien la suite: Macbeth et son effrayante Lady tuent le roi Duncan, et démarre le marathon criminel sur fond de paranoïa – affreuses hallucinations pour lui, folie schizophrène pour elle, jusqu’à la descente aux enfers.

Traversée de bruits sinistres, portes qui claquent et cris d’oiseaux, la pièce, qui marque les 25 ans du Théâtre Claque, se construit autour des pulsions tribales et claniques. Si l’idée est captivante et l’interprétation du couple formé par Raoul Teuscher et Virginie Meisterhans bluffante, la pièce manque néanmoins de chair et de fantaisie. Le public frissonne peu, ne semble pas ressentir ce théâtre jusque dans les tripes.

Tout est (trop) bien orchestré, le décor est vécu avec intensité et les comédiens sont excellents. Mais, plus que de justesse, on se retrouve à rêver d’écarts et de failles. Si l’exercice de retour aux origines n’est pas entièrement abouti, reste le plaisir de retrouver la puissance dévastatrice des mots hanter la salle. (24 heures)

Créé: 08.12.2014, 16h44

Infos pratiques

Lausanne, Pulloff Théâtres
Ma, je, sa (19 h), me et ve (20 h) et di (18 h)
Rens.: 021 311 44 22

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