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CritiqueMassimo Furlan fait crépiter les bons sentiments

A Vidy, «Hospitalités», spectacle plein de rythme et de fraîcheur, s’empare avec bonheur de la question de l’accueil

Massimo Furlan
Massimo Furlan
Joana Abriel

Peut-on faire de l’art avec de bons sentiments? L’adage veut que non, et, mercredi à Vidy, quelques spectateurs n’ont pas hésité à s’en faire l’écho à la sortie d’Hospitalités, dernier spectacle du Lausannois Massimo Furlan. Le projet est simple: faire parler sur scène les habitants de la bourgade de La Bastide-Clairence, dans le Pays basque. Ils se racontent par bribes choisies, avec toujours, à l’horizon, l’intervention de l’artiste dans leur localité, qui a motivé la création d’une association d’accueil de migrants, sur l’idée – «provocante mais pas gratuite» – de faire baisser les prix de l’immobilier dans ce village désormais prisé des touristes.

Rarement le grand plateau de Vidy ne s’est présenté aussi nu. Aucun décor, juste un écran sur lequel crépite au début un chaleureux feu de bois, un banc pour les villageois. La parole est donc reine, mais partagée par chacun. C’est là qu’Hospitalités prend un risque, celui de tomber dans la trivialité, dans la revendication d’une solidarité un peu niaise sur le credo de «on est de là où on vit».

L’écueil est évité de deux façons. D’abord, en invoquant principalement les souvenirs de chacun, l’évocation de moments saillants de la vie, sans chercher aussitôt à empoigner frontalement la thématique actuelle des migrants. Elle apparaît par d’autres biais, mais cela évite un militantisme trop direct. Ensuite, un gros travail a été effectué dans la sélection et la distribution – le rythme – des discours. Une dimension maîtrisée avec précision par la dramaturge Claire de Ribaupierre.

Ces aspects techniques passent in fine plutôt inaperçus, mais laissent exhaler avec bonheur la sincérité de chaque intervenant, qu’il soit maire ou jeune mère, à l’exception de celui joué par Massimo Furlan, qui prend à sa charge le rôle de l’opposant à tant de bienveillance. Intermèdes musicaux ajustés (Hospitalités s’ouvre avec tendresse et ironie sur La ballade des gens heureux, de Lenorman) et petite interruption pour un échange inopiné avec le public viennent aussi casser la régularité du procédé, maintenir l’éveil et porter plus loin ces histoires poétiques mais réelles tenues par leurs protagonistes.

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