Le metteur en scène Joseph Voeffray a tiré sa révérence

Carnet noirLe cofondateur du théâtre Pulloff, à Lausanne, est décédé.

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«Il y a beaucoup de tristesse, mais, ce soir, on sera sur scène et on pensera à lui. Joseph n’aurait pas voulu que l’on n’arrête de jouer!» Vendredi, l’émotion était vive à Lausanne et dans le milieu du théâtre. Le cofondateur du Pulloff et metteur en scène Joseph Emmanuel Voeffray, né en 1956, à Vernayaz (VS), est décédé dans la nuit de jeudi à vendredi, au terme de deux ans et demi marqués par de nombreux problèmes de santé.

«Il s’est battu jusqu’au bout et son départ est arrivé subitement. On pensait que ça allait mieux… Lui-même avait l’espoir de faire à nouveau du théâtre la saison prochaine. Il avait encore son énergie et l’envie de créer», confie son compère Jean-Gabriel Chobaz qui lui avait mis le pied à l’étrier, comme dramaturge. Et le metteur en scène lausannois de joindre sa voix à celle de Geoffrey Dyson, le 3e compagnon de route du Pulloff: «C’est un ami que l’on perd. Nous avons réussi à avancer côte à côte pendant vingt ans. Chacun avait son propre style artistique, mais on partageait la même passion.»

Une passion chevillée au corps de Joseph E. Voeffray lorsqu’il créait, avec une dizaine d’autres compagnies indépendantes en 1990, le studio de répétition qui deviendra, à la rue de l’industrie, l’actuel Pulloff. Une passion que l’homme de théâtre a, surtout, longtemps défendue aux côtés de sa complice Anne Vouilloz, au sein de la Cie Voeffray-Vouilloz. Ensemble, le metteur en scène et la comédienne ont inscrit leur patte à travers la scène vaudoise. «Je me souviens de «Baal, une biographie dramatique» de Bertolt Brecht, monté en 1991 sur le grand plateau de Vidy, se rappelle l’homme de théâtre René Zahnd. C’était un geste fort, une invitation faite par Matthias Langhoff (ndlr: alors directeur de l’institution vaudoise) à une jeune compagnie à qui il confiait des moyens importants et une distribution internationale.

Joseph E. Voeffray marquera également les esprits avec, entre autres, l’ambitieux «Le théâtre ambulant Chopalovitch» (1995, au Crochetan et à Vidy) et «Dernière lettre à Théo», sur un texte de Metin Arditi. C’était en 2006 à Vidy, après son incursion au Kléber-Méleau avec «Les géants de la montagne», de Pirandello, et des créations au Grütli à Genève. Avant de créer à un rythme quasi annuel ses spectacles sur la petite scène du Pulloff, la compagnie a été, au tournant des années 2000, une habituée du Festival de la Cité et des arches du pont Bessières. En 1998, elle y a créé «Une lune pour les déshérités», d’Eugène O’Neil et «La légende de la forêt viennoise», d’Ödon von Horvath. «Joseph avait une formation de philosophe et un doctorat obtenu à la Sorbonne. Spécialiste de Gilles Deleuze, c’était quelqu’un de très cultivé, un artiste qui avait un rapport très fort au texte.»

Créé: 07.06.2019, 19h06

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