Mowgli vivra sur scène à la Ruelle

Scène«La comédie de la jungle» prend ses quartiers au cœur de La Chaux-sur-Cossonay. À découvrir dès samedi.

Les éléments visuels valent aussi le détour! Les costumes sont signés Fanny Buchs et les masques Lesley Gautier. Marie-Lou Dumauthioz

Les éléments visuels valent aussi le détour! Les costumes sont signés Fanny Buchs et les masques Lesley Gautier. Marie-Lou Dumauthioz Image: Marie-Lou Dumauthioz

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Sept ans après la publication de son «Livre de la jungle», en 1894, l’écrivain britannique Rudyard Kipling délivrait une version théâtrale du récit de Mowgli: «La comédie de la jungle». Retrouvée près d’un siècle après dans les archives de l’Université de Sussex, en Angleterre, cette première adaptation par l’auteur original reste aujourd’hui méconnue. Plus pour longtemps! Grâce aux acteurs de la compagnie du Comsi, tous bénévoles, la pièce sera mise en lumière dans son intégralité, au cœur du village de La Chaux (Cossonay), dès samedi sur les planches du Théâtre de la Ruelle. L’occasion de redécouvrir l’enfant sauvage et ses amis – l’ours Baloo, la panthère Bagheera, sans oublier l’ennemi juré, le tigre Shere Khan – autrement que dans le récit enfantin du géant américain Walt Disney, sorti en 1967.

«Pour moi, la grande découverte aura été la profondeur du texte, que j’ai décidé de garder intact, explique Hélène Bolanz, directrice artistique du théâtre, qui signe aussi la mise en scène de cette «Comédie de la jungle». À l’image du «Petit Prince», il relate une touchante quête initiatique, universelle et surtout actuelle, dont les nombreux niveaux de lecture peuvent atteindre aussi bien les enfants que les adultes.»

La part sauvage en nous

Au départ, le nouveau-né Mowgli se fait adopter par une famille de loups, au milieu de la jungle. Jusqu’au jour où on le chasse, à cause d’ennuis qu’il provoque, comme la présence indésirable du très redouté Shere Khan. L’adolescent tente alors de s’intégrer chez les humains, les «siens». Impossible. La jungle lui a laissé des traces, et ses congénères finissent à leur tour par l’écarter. Il redevient loup solitaire, et son âme vengeresse fait alors surface; le mal surgissant même chez les êtres d’apparence pure. «Je veux montrer à quel point il est difficile de faire sa place lorsqu’on se sent nulle part chez soi, ajoute la metteuse en scène. En même temps, mon spectacle évoque la tolérance: chaque communauté évolue avec des lois différentes, et pourtant il y a toujours moyen de vivre ensemble, en harmonie.»

Durant son périple, Mowgli découvre aussi la part sauvage des hommes au village, parfois davantage développée que celle des animaux. Une ambivalence ici révélée par des éléments visuels et de mise en scène. Ainsi les costumes et les masques conserveront des zones hybrides du côté des deux règnes. «Je veux me rapprocher de l’essence du texte, poursuit Hélène Bolanz. Dans celui-ci, la frontière reste toujours floue.» Pour porter l’impression à son paroxysme, l’interprète de Shere Khan incarnera également un des chasseurs du village, qui veut la peau du tigre. Les destins se croisent et les images sont trompeuses. «Le chasseur devient le pendant humain du tigre dans la jungle. Dans les deux cas, ce sont des fanfarons, des prétentieux.»

Le Théâtre de la Ruelle, avec ses cinquante places et six créations par année, existe depuis dix ans. «Ma grange tombait en morceaux et il a fallu la rénover, révèle la directrice. En voyant le prix je me suis dit, tant qu’à faire, construisons quelque chose d’utile!» Un moyen d’habiter un espace vide, à l’image de nombreux lieux souvent inoccupés en campagne.

«Au pied du Jura, dans un village de 400 habitants, il n’y a pas la même offre que dans les centres urbains. Avec ce projet, je tiens aussi à ce que des gens qui ne se rendent jamais au théâtre découvrent autre chose que des concerts de fanfare ou des chœurs mixtes. Ma mission, c’est de prendre des textes exigeants, et de les rendre accessibles à tous. Je tiens à ce que chacun se sente le bienvenu.»

Créé: 04.07.2019, 11h10

Créations en plein air dans les villages

D’autres pièces illumineront les villages aux alentours. La cour du Prieuré de la commune de Perroy (Nyon) accueillera la troupe L’instant d’un espace et sa dernière création, «Par les temps qui courent», de Nalini Menamkat.

Créé avec des comédiens amateurs, le spectacle est une satire de notre société, où le bonheur rime souvent avec réussite sociale et professionnelle.

Du 11 au 28 juillet
www.instant-espace.ch





Au coeur d’un domaine viticole à Begnins, la troupe de Serreaux-Dessus incarnera quant à elle les personnages burlesques et hauts en couleur de «L’amour des trois oranges», de Christophe Nicolas, véritable commedia dell’arte dépeignant le destin tragique de Tartaglia, fils du roi Silvio et héritier du trône, malheureusement atteint d’hypocondrie.

Jusqu’au 6 juillet
www.theatre-begnins.ch




Plus loin, dans le village du Bouveret (VS), le Théâtre du Croûtion présente sa dernière création, «Complètement à l’Ouest», un western déjanté et aussi joué en plein air.


Du 11 juillet au 17 août
www.croution.ch

Infos pratiques

Théâtre de la Ruelle
La Chaux-sur-Cossonay
Samedi 6 juillet (20h)
Dimanche 7 juillet (17h)
Renseignements:021 861 40 45

www.laruelle.ch

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