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ScènePamina de Coulon entraîne le public dans son flot de mots

Dans deux spectacles, la jeune auteure et performeuse montreusienne disserte autour de la question de l’engagement. Jusqu’à dimanche à l’Arsenic.

Mercredi et dimanche, la jeune performeuse enchaîne ses deux spectacles, «Fire of Emotions: Genesis», et «Fire of Emotions: The Abyss».
Mercredi et dimanche, la jeune performeuse enchaîne ses deux spectacles, «Fire of Emotions: Genesis», et «Fire of Emotions: The Abyss».
DOROTHÉE THÉBERT FILLIGER

Pamina de Coulon déverse le flot de ses pensées dans un tourbillon de mots qu’elle ne choisit jamais au hasard. Au café comme au théâtre, le verbe s’écoule sans discontinuer dans un rapport frontal. Franc. Direct. Elle vous fixe droit dans les yeux, s’aide de ses mains pour appuyer le propos. S’égare un instant, se fige, puis reprend le fil de son récit.

Dans Fire of Emotions, qu’elle présente jusqu’à dimanche à l’Arsenic en deux volets (Genesis et The Abyss), la Montreusienne née en 1987 disserte sur son rapport au monde, virevoltant autour d’idées, de concepts qu’elle tisse dans un discours ininterrompu. Déroutant, parfois. «Au début du spectacle, je demande au public de me faire confiance et de me suivre.»

Chez elle, la parole est militante. Sa verve, elle la tient de sa mère, Graziella de Coulon, activiste bien connue dans les milieux de gauche. Mais la jeune artiste se distancie pudiquement de cette filiation. «Je me suis sentie en retrait par rapport à ma famille à certains moments. Mes textes sont indéniablement militants et politiques, mais d’une manière différente.»

Sur scène, ses «essais parlés», méthodologie qu’elle égraine au fil de ses créations, questionnent l’engagement conscient. Mais là où l’activiste se contentera de proclamer des paroles pour convaincre une assemblée, Pamina de Coulon intègre l’esthétique. «Je suis aussi une auteure, qui présente ses spectacles dans le cadre d’un théâtre. Cela dit, il est clair qu’il y a une dimension politique à prendre la parole sur un plateau.»

Cette parole, la performeuse la façonne en entrelaçant des réflexions sur les sciences, la politique, le langage, l’art. Fire of Emotions: Genesis explore la temporalité. «Si on pouvait voyager dans le temps, qu’est-ce que cela impliquerait socialement et politiquement? J’utilise cette thématique comme prétexte pour remettre en question l’autorité qu’aurait le vrai sur le faux, à travers les sciences dures.» Découlant du premier, Fire of Emotions: The Abyss plonge dans les tréfonds océaniques. «Je me suis autorisée à aller encore plus vers l’inconnu. De là j’ai exploré les abysses, lieu de solidarité possible.»

Dans ces partitions scéniques singulières, le public joue un rôle essentiel, organique. La représentation évolue au gré des réactions des spectateurs. De leur écoute tantôt vivace, tantôt vacillante. «Je vois les gens, je m’adresse à eux directement. Cela me suffit à sentir si je perds le public. Quand je sens que je n’ai pas capté l’attention de tout le monde, je pars dans le stand-up. Le rire m’aide beaucoup.»

Par essence, la performance se définit par l’instant présent. Par cette idée que l’œuvre se construit en direct, dans un rapport scène-salle particulièrement étroit. Sur le plateau, Pamina de Coulon tente de rester elle-même, sans jouer un rôle, quitte à exposer une certaine vulnérabilité. Mais les codes de la scène se rappellent malgré tout à elle. «C’est vrai, j’adopte un peu la «voix théâtre». Il me faut une minidose de distance avec moi-même pour oser faire ce que je fais.»

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