Des perches de micro pour raconter la vie d’Orwell

ThéâtreBiopic théâtro-musical à voir au Pulloff, «Orwell I & II» retrace le parcours de l’auteur de «1984». Inventif et percutant.

Damien Avice et Jean Aloïs Belbachir évoluent dans un décor inventif.

Damien Avice et Jean Aloïs Belbachir évoluent dans un décor inventif. Image: CYRIL PORCHET

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

Septante ans après sa publication, «1984» continue de hanter les esprits. Big Brother, personnage fictif, a quitté le champ littéraire pour s’immiscer dans notre quotidien. Mais comment Eric Arthur Blair, alias George Orwell, en est-il venu à fabriquer cette bombe littéraire antitotalitariste, publiée quatre ans après le second conflit mondial?

Sous la forme du biopic théâtro-musical, Jean Aloïs Belbachir retrace le parcours tumultueux du Britannique dans «Orwell I & II», à l’affiche du Pulloff, à Lausanne, jusqu’à vendredi. Un spectacle aux accents de concert rock, brillamment interprété par Jean Aloïs Belbachir (qui en signe l’écriture) et Damien Avice, dans une mise en scène inventive de Benjamin Knobil.

Au fil des épisodes de la vie d’Orwell, le décor se construit à vue à l’aide de perches de micro. La Birmanie, d’abord, où il officia au sein de la police coloniale. Les perches se muent en fusils puis en gibet pour imager le récit de la pendaison d’un prisonnier hindou. Elles prennent corps, ensuite, revêtues de chemises blanches, symbolisant tour à tour les tenues des employés de la cuisine d’un grand hôtel puis le salut hitlérien. Avant de hanter le plateau, fantômes des tranchées de la guerre d’Espagne où Orwell s’enrôla dans les rangs du Parti ouvrier d’unification marxiste. Habillées par des effets sonores et les lumières d’Estelle Becker, les scènes se succèdent comme dans un rêve. Angoissant et poétique à la fois.

L’angoisse monte d’un cran lorsque surgissent Big Brother et Winston Smith, «héros» de «1984». Le premier braque une à une les perches contre­ la tête du second, acculé, suffocant sur son banc. Dommage que le spectacle ne s’achève pas sur cette image.

Créé: 26.06.2019, 20h18

A l'affiche

Lausanne, Pulloff
Me 26 juin (20h), je 27 (19h) et ve 28 (20h)
Rens. 021 311 44 22
www.pulloff.ch

Articles en relation

Bruscon, comédien misanthrope, déverse son fiel au Pulloff

Théâtre Jean-Luc Borgeat monte «Le faiseur de théâtre» de Thomas Bernhard. Un joli spectacle servi par cinq interprètes au diapason. Critique. Plus...

«Photographies de A» dans le flou de l’hystérie

Théâtre Au Pulloff, la pièce de Daniel Keene plonge dans une psyché troublée Plus...

Défilé d’hommes au Pulloff, entre chimères et réminiscences

Théâtre Anne Vouilloz livre une jolie prestation dans la pièce de Joseph Incardona. Mais le spectacle s’enlise dans un rythme monotone. Critique. Plus...

Le Pulloff nous embarque dans un safari théâtral à Lausanne

Un théâtre, une saison Le théâtre lausannois propose treize spectacles pour la saison 2018-2019. Plus...

«Le chant du cygne», ode aux comédiens

Théâtre Au Pulloff, Roger Jendly et Adrien Gygax offrent un magnifique moment de théâtre. Critique. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.