Quand la poésie met du sel dans nos «Petits Matins»

ThéâtreMatthias Urban sonde l’intimité d’un couple dans un joli spectacle oscillant entre réalisme et absurde. Critique.

Matthias Urban (au centre) a écrit ce texte pour Anne-Catherine Savoy et Antonio Troilo.

Matthias Urban (au centre) a écrit ce texte pour Anne-Catherine Savoy et Antonio Troilo. Image: CÉLINE MICHEL

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur ?

La vie ordinaire d’un couple, ses petits tracas anodins, son inéluctable routine. Rien que de très banal, direz-vous. Sauf que cette banalité recèle un potentiel poétique dont Matthias Urban a saisi les contours avec habileté dans Petits Matins, conte du quotidien à savourer jusqu’à dimanche au CPO-Ouchy, à Lausanne.

L’intimité de John (Antonio Troilo) et de Begonia (Anne-Catherine Savoy) défile entre deux murs jaunasses, où des bribes de vie quotidienne prennent corps grâce à des envolées aussi absurdes que cocasses. Mais toujours saupoudrées de tendresse. L’inénarrable question «Tu m’aimes?» lancée par Begonia donne lieu à un dialogue ionescien qui se conclura par un très prosaïque «Bien sûr que je t’aime!»

Dans cette atmosphère aux accents surréalistes, les petits riens du quotidien sont autant de déclencheurs de bulles de poésie. Un drap de lit se mue en muleta de corrida ou en voile de mariée, la table de cuisine en piano imaginaire. Dans une scène jouissive, John invente le «répondeur de porte» pour se débarrasser de voisins casse-pieds.

Végane versus viandards ver
Leur vie en vase clos est soudain interrompue par l’arrivée de leur fils, campé par un Matthias Urban affublé d’un pantalon à carreaux d’une ringardise touchante, venu pour fêter Noël. L’annonce de son véganisme provoquera un drame (jubilatoire) pour Begonia, qui a passé tant de temps à fourrer sa dinde de bœuf, de veau et de porc…

Naviguant entre réalisme et absurde, Anne-Catherine Savoy et Antonio Troilo comblent par leur jeu drôle et sensible certaines faiblesses dans l’écriture et dans la narration. L’épilogue du spectacle, où l’on attend une dernière pépite poétique, nous laisse sur notre faim.

Créé: 26.02.2018, 20h43

Infos pratiques

Lausanne, CPO-Ouchy
Ma 27 fév., me 28, je 1er mars, ve 2, sa 3 (20 h) et di 4 (17 h)
Rens. 021 616 26 72
www.cpo-ouchy.ch

Articles en relation

Un couple rembobine ses souvenirs au CPO

Théâtre Dans «Petits matins», Matthias Urban nous embarque dans l’intimité d’un couple formé par Antonio Troilo et Anne-Catherine Savoy. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.