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ThéâtreAu Pulloff, une fausse voyante perce la vérité

Sophie Kandaouroff crée «Madame Sosostris», pièce inédite de Ben Okri en première mondiale. Critique.

Madeleine Raykov et Marc Mayoraz dans «Madame Sosostris, la femme la plus sage d’Europe».
Madeleine Raykov et Marc Mayoraz dans «Madame Sosostris, la femme la plus sage d’Europe».
CARLO DE ROSA

Effervescence au Pulloff en ce mardi soir de création mondiale. La représentation commencera avec un quart d’heure de retard, le temps que l’auteur rejoigne le théâtre. Une fois installé dans son fauteuil, l’écrivain nigério-britannique Ben Okri assiste à la première de sa pièce «Madame Sosostris, la femme la plus sage d’Europe», portée à la scène (en français) par Sophie Kandaouroff.

La trame se pare de variations baroques. Un couple organise un bal costumé dont le clou sera l’apparition oraculaire de la grande Madame Sosostris, dotée dit-on d’une clairvoyance exceptionnelle pour secourir les cœurs brisés. Les maîtres des lieux et leurs invités enfilent leurs déguisements (de Jeanne d’Arc à Toulouse-Lautrec), l’illusion se propage, la frontière entre le «moi» et le personnage se brouille. Intervient l’inévitable coup de théâtre: Madame Sosostris annule à la dernière minute. À l’instar de Godot ou de la cantatrice chauve, le rôle-titre n’entrera donc pas en scène. Ou plutôt si, par un subterfuge imaginé par la maîtresse des lieux: son invitée «Jeanne» quittera le costume de la Pucelle d’Orléans pour endosser celui de la nécromancienne. Sans se douter que leur jeu percera des vérités enfouies.

Peut-être aurait-il fallu consulter un médium avant de se laisser attirer au théâtre. Car l’ennui pointe très vite devant cette comédie ressassant les thèmes du travestissement, des faux-semblants et des identités troubles ou contrariées, égrainés dans un chapelet de poncifs s’évertuant à sonder «les mystères du cœur humain». À défaut de pulser, les dialogues tiennent davantage du mélo sirupeux que d’une métaphysique des affects.

L’illusion opère en revanche dans la scénographie. Certaines scènes se déroulent derrière un grand panneau transparent, dans un décor identique à celui de l’avant-scène. L’espace ainsi dupliqué laisse apparaître des silhouettes en ombres chinoises ou des visages masqués, à peine perceptibles dans la pénombre. Un lieu métaphorique qui déploie, le temps de quelques instants, les charmes du théâtre.

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Lausanne, Pulloff Jusqu’au 1er mars www.pulloff.ch

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