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CritiqueLes sculptures fumigènes de Luz chassent l’insaisissable

À Vidy jusqu’à samedi, le Zurichois Thom Luz entraîne le public dans un conte étrange et visuel.

Durant 75 minutes, les ouvriers de «Girl from the Fog Machine Factory» mènent d’étranges et poétiques expérimentations à base de fumigènes.

Une usine de générateurs de brouillard. Dans un atelier aux allures postapocalyptiques – un entre-deux qui évoque «L’île aux morts» de Böcklin –, cinq employés testent des machines à nuage. Il y a le chef d’atelier, trois ouvriers (un trio de musiciens qui bricolera en direct la bande-son) et une stagiaire. Ces cinq clowns – tristes ou autistes, chacun choisira – mènent des expérimentations pour tenter de relancer les affaires de l’entreprise qui périclite. Un peu comme notre monde, où le climat se dérègle, où la masse de communication produite par notre société finit par créer un brouhaha. Sans parler du système économique devenu volatile ou des relations sociales de plus en plus intangibles.

À Vidy jusqu’à samedi, le contemplatif «Girl from the Fog Machine Factory» de Thom Luz évoque tout cela. Avec beaucoup de poésie, avec des touches de burlesque emprunté au cinéma muet et avec cette force visuelle qui traverse le passionnant travail développé par le Zurichois, star montante du théâtre musical. Après avoir chassé les fantômes de compositeurs dans «When I Die», puis avoir tissé un enivrant «Unusual Weather Phenomena Project» autour des phénomènes atmosphériques, le musicien et metteur en scène poursuit sa quête de l’insaisissable et de l’évanescence. Qui s’incarnent dans ces volutes de fumées et sculptures de nuages imaginées par les ouvriers. Dans le travail, aussi, conduit autour du son. Chez Luz, le langage s’étiole. Silences, voix, bruits et musiques prennent le relais.

Oubliée la poésie qui traverse le spectacle, ce constat sur l’état de notre monde peut paraître pessimiste. Ne serait-il pas, au contraire, positif? Tel un manifeste qui enjoindrait nos imaginations à se débrider pour trouver idées et solutions. On ose y croire. Car l’urgence est là.

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