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ThéâtreUn terne Macbeth sombre à la Grange de Dorigny

Valentin Rossier propose une lecture sans relief de la pièce écossaise de Shakespeare. Critique.

La trame de la pièce a été transposée dans un hôtel des années 50.
La trame de la pièce a été transposée dans un hôtel des années 50.
MARC VANAPPELGHEM

Bien terne, ce Macbeth mis en scène et campé par Valentin Rossier à la Grange de Dorigny. A peine entré en scène, le héros est déjà affalé, un verre de scotch à la main, sur le canapé d’une chambre d’hôtel des années 1950, où le Genevois a choisi de transposer le drame de Shakespeare. Où est l’ardeur du vaillant guerrier, promis au trône d’Ecosse puis condamné à la chute, lente, effroyable, inexorable? C’est pourtant là le sel de la pièce écossaise.

En plaçant l’action dans une chambre d’hôtel aseptisée, Valentin Rossier tente de traduire l’atmosphère oppressante du drame. Par le huis clos, il veut figurer le tourment intérieur du héros. L’idée est bonne mais l’intention première ne prend pas corps. Sa lecture du drame manque cruellement de relief. A sa création déjà, cet été au Théâtre de l’Orangerie (GE), la pièce avait soulevé un flot de critiques.

Depuis, nous dit-on, le spectacle a évolué. La comédienne qui incarnait Lady Macbeth à la création a été remplacée par Laurence D’Amelio. Peine perdue: le personnage reste caricatural. La faute à un parti pris plus qu’à l’interprétation d’une actrice? Peut-être. Car la sanglante Lady tient davantage de la vamp glaciale, mais insipide dans ses projets funestes, que de l’éminence grise en proie à ses propres démons.

Le spectacle s’enlise d’autant plus lorsque Valentin Rossier use du ressort comique pour souligner les nuances de la trame shakespearienne. Un roi affublé d’une couronne de galette de l’Epiphanie, des Men in Black (ou plutôt des Women in Black) en assassins, ou l’apparition d’Hécate en homme vêtu d’une robe à paillettes, tiennent plus du gag éculé que de l’ironie suggérée par le texte. De cette lecture monotone ne reste finalement que l’ennui.

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