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Scène«Le Théâtre Benno Besson est un relais, un tremplin pour la création romande»

À la tête du TBB depuis un an, Georges Grbic mêle habilement un soutien marqué à la création romande et sa mission de lieu d’accueil.

Georges Grbic a repris les rênes du Théâtre Benno-Besson, à Yverdon, l’an dernier. Il y dévoile sa première saison.
Georges Grbic a repris les rênes du Théâtre Benno-Besson, à Yverdon, l’an dernier. Il y dévoile sa première saison.
JEAN-PAUL GUINNARD

«Le théâtre, c’est rendre le monde habitable.» La maxime est d’Olivier Py mais Georges Grbic la ferait volontiers sienne. Pour le nouveau directeur du Théâtre Benno Besson, tout écrin des arts scéniques doit vivre et vibrer, inviter aux échanges et aux rencontres. «J’aime l’idée que ce lieu soit comme une maison.» Le modèle du théâtre d’accueil figé, où l’on se contente de consommer des spectacles, très peu pour lui. À l’heure de dévoiler sa première saison à la tête de l’institution yverdonnoise de 460 places dont il a repris les rênes il y a tout juste un an, il nous confie ses aspirations.

«Les objets artistiques qui m’intéressent sont ceux qui portent en eux cette conscience de vivre dans un échange avec le spectateur, cette envie de le toucher directement.» Ce lien intime et sensible avec le public traverse la saison 2018-2019 comme un fil rouge. «Je ne veux pas de spectacles qui fonctionnent sur des recettes toutes faites.» Explorer, questionner, inventer: voilà son credo.

Une soupe à midi

Dans cette visée, Georges Grbic ouvrira largement les portes du TBB à la création romande. Une nouveauté? Non, mais une volonté forte. «De par la multiplication des compagnies, les théâtres d’accueil deviennent des relais importants, de véritables tremplins pour ces productions.» Les institutions en ont bien saisi l’enjeu. La frontière séparant les lieux d’accueil et de création tend à s’amenuiser. La preuve: le TBB et Vidy s’unissent pour coproduire les nouveaux spectacles des artistes lausannois Magali Tosato («Qui a peur de Hamlet?» 30 oct.-1er nov.), et Guillaume Béguin («Titre à jamais provisoire», 28-29 nov.).

Aux deux Lausannois s’adjoindront Lionel Frésard («On avait dit 90…», 9-10 oct.), Denis Maillefer («Mourir, dormir, rêver peut-être», 10 nov.) ou encore Manon Pulver («Mais qui sont ces gens?» mis en scène par Julien George, 16-17 nov.). Tiens, la plupart des créations virevoltent autour des mois d’octobre et de novembre. Un hasard? Oui. Une opportunité, surtout. Le fond de l’air se rafraîchissant en automne, le TBB invitera le public à tailler une bavette avec les équipes de création de cinq spectacles autour d’une soupe, tous les lundis à midi du 29 octobre au 5 décembre. Si l’opération «Mange ta soupe!» réunit du monde autour de la marmite, elle sera reconduite plus tard dans la saison.

Voilà pour le volet création. Comment Georges Grbic a-t-il ficelé son programme de spectacles d’accueil? Autour de thématiques fortes? «À mon sens, être directeur d’un théâtre, c’est être à l’écoute des propositions des artistes et les faire dialoguer. Ce sont eux qui façonnent les thèmes qui jalonneront la saison.» En tournant les pages du programme, Georges Grbic pose un constat: la mort est omniprésente. Protéiforme aussi. Elle contera le monde des pompes funèbres dans «Mourir, dormir, rêver peut-être», le mal de vivre et le suicide dans «En attendant Bojangles» (7 nov.), le deuil familial dans «Funérailles d’hiver» (7-8 déc.) et dans «Les orphelins» (5-6 avr.). Institution phare d’Yverdon, le TBB continuera de se nourrir de ses partenariats avec les acteurs culturels de la ville: la Maison d’Ailleurs, les Numerik Games, les Jeux du Castrum ou le & Patati Festival. «Cela nous permet de développer toutes les facettes de ce que peuvent représenter les arts vivants.» Loin de l’image éculée du théâtre d’accueil ronronnant.

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