Vidy imagine le futur du monde et prépare le sien

ScèneLa seconde partie de saison du théâtre au bord de l’eau s’achèvera un poil plus tôt, rénovation oblige.

Le GdRA présentera son spectacle «Selve - Itu jekët Sylvana».

Le GdRA présentera son spectacle «Selve - Itu jekët Sylvana». Image: Nathalie Sternalski

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Le théâtre comme agora pour penser le monde de demain. Dévoilée lundi, la seconde partie de saison de Vidy s’enroulera autour de deux axes forts: le rapport à la nature et la relation à l’autre. Ces préoccupations artistiques (et philosophiques) rejoignent celles, plus concrètes, du théâtre du bord de l’eau puisque son enveloppe, abîmée par les aléas du temps, entamera une cure de jouvence de deux ans. L’enjeu? Inscrire la bâtisse dessinée par Max Bill pour Expo 64 dans la durée tout en préservant un patrimoine. La saison s’achèvera donc un poil plus tôt, mais son menu n’en est pas moins luxuriant.

Au cœur de l’actualité, l’écologie bourdonnera dans la ruche de Vidy. Marielle Pinsard astiquera la génération des bobos confrontés au dilemme «fin du mois ou fin du monde» dans «Je vous ai préparé un petit biotruc au four ou Mais où est donc passé Jean-Michel?» tandis que le très inventif GdRA nous emmènera en Guyane française en compagnie d’une Amérindienne wayana, dans «Selve — Itu jekët Sylvana». D’autres artistes déploieront des partitions plus ludiques, à l’image de Stefan Kaegi, qui auscultera notre monde par la métaphore dans «Société en chantier», ou de Frédéric Ferrer, qui livrera une conférence absurde dans «Borderline(s) Investigation #1».

Les thèmes se multiplient à l’infini

Imaginer le futur, c’est aussi prendre le pouls des relations entre les hommes, ausculter les identités complexes, dévoyées ou tourmentées. Les thèmes se multiplient à l’infini. Ainsi, des artistes à l’univers puissamment évocateur, comme Augustin Rebetez ou Alexandra Bachzetsis, exploreront des identités mouvantes, le premier dans un spectacle destiné aux ados, «Voodoo Sandwich», la seconde dans «Chasing a Ghost». Le rapport à l’autre se manifestera aussi sous des formes multiples: relation aux parents dans «Qui a tué mon père» d’Édouard Louis, avec Stanislas Nordey; à l’étranger dans «Contre-enquêtes» de Kamel Daoud, mis en scène par Nicolas Stemann; au fantasme du corps féminin dans «Big Sisters» de Théo Mercier et Steven Michel.

La saison s’achèvera le 6 juin avec la conclusion du cycle de conférences données par le philosophe Dominique Bourg. Après cet ultime lever de rideau, il sera temps, selon la formule de Vincent Baudriller, de «rêver le Vidy du futur».

Créé: 25.11.2019, 16h03

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