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ThéâtreA Vidy, les odes à la joie de la 2b company

Délicieusement déjanté, le collectif lausannois fondé en 2005 a droit à une «Rétropresqu’tive», de mardi à dimanche au Théâtre de Vidy. Rencontre.

«Western dramedies» a été créé après avoir suivi la mythique Route 66.
«Western dramedies» a été créé après avoir suivi la mythique Route 66.
Dorothée Thébert Filliger
«Récital», spectacle à mi-chemin entre l'écriture automatique et le cadavre exquis.
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Arya Dil
Dans «Conférence de choses», Pierre Mifsud ne s'arrête plus de parler jusqu'à qu'une sonnerie ne l'arrête, entre 30 minutes et 8 heures plus tard!
Dans «Conférence de choses», Pierre Mifsud ne s'arrête plus de parler jusqu'à qu'une sonnerie ne l'arrête, entre 30 minutes et 8 heures plus tard!
Giovanni Cittadini Cesi
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Loufoques, déjantés, absurdes. Percutants toujours, jamais lourdingues. Depuis 2005, la triade de trublions de la 2b company dégaine ses pépites scéniques dans un rythme effréné. Sur les planches, François Gremaud, Michèle Gurtner et Tiphanie Bovay-Klameth s’amusent mais pas seulement. «Le fil rouge de nos productions, c’est d’être joyeux. Mais pas de manière bébête ou rigolote. La joie, c’est une manière politique de résister», résume François Gremaud.

Dès mardi et jusqu’à dimanche, le Théâtre de Vidy leur consacre une rétrospective, ou plutôt une «Rétropresqu’tive». «Presque», parce que le collectif lausannois entend maintenir son répertoire vivant. «Nos pièces ne sont pas figées. Selon la période, le lieu où on joue, j’ai l’impression de ne plus faire le même spectacle. Je découvre des codes qu’on avait placés là inconsciemment et qu’on n’avait pas encore rencontrés», confie Tiphanie Bovay-Klameth. La pétillante comédienne jette un bref regard vers ses deux comparses pour s’assurer qu’ils acquiescent. Parce que le trio fonctionne ainsi. Organique. Sans meneur ni metteur en scène. Le secret de leur succès, sans doute. Michèle Gurtner détaille: «Notre méthode de travail est basée sur l’improvisation. On se filme, on se regarde. Et si ça nous fait rire les trois, c’est qu’il y a quelque chose qui se passe.» Ensemble, ils fabriquent cette alchimie que dépeint Tiphanie Bovay-Klameth: «Sans eux, je n’irais pas dans l’univers qu’on crée à trois. Il n’existe qu’entre nous trois et je ne saurais pas l’atteindre sans eux. C’est un truc précieux.»

Rétropresqu'tive 2b company from 2b company on Vimeo.

Espièglerie et finesse

Leur force? Cette acuité à poser un regard fin, tendre et cocasse sur les petites communautés d’hommes et de femmes: quatre chanteurs en répétition dans «Chorale» (avec la complicité de Laetitia Dosch), des passionnés de céramique et de terre cuite dans «Les potiers» ou trois peintres amateurs dans le film «Vernissage». «On s’est rendu compte qu’on aimait beaucoup les petits groupes de personnes affairées à faire quelque chose ensemble, sourit François Gremaud. Sans doute parce qu’en se focalisant sur le petit, on peut percevoir la société humaine dans son ensemble.» Foisonnante, la 2b company produit aussi les spectacles imaginés par François Gremaud, dont la fameuse «Conférence de choses» donnée par Pierre Mifsud. Butinant de sujet en sujet, passant de Descartes aux bonbons Haribo ou du bison à la reine Margot, il tient le public en haleine pendant des heures (en l’occurrence 6 h à Vidy ce dimanche). Si leurs spectacles cartonnent, c’est parce qu’ils mêlent subtilement espièglerie et finesse. Prenez «KKQQ», leur toute première création. Le titre augure une gaminerie scato, la pièce est une véritable prouesse technologique où les trois comédiens enregistrent leurs textes et leurs actions au ralenti devant le public, tandis qu’un ordinateur diffuse les mêmes images en accéléré. Bluffant. Le procédé a séduit René Gonzalez, alors directeur du Théâtre de Vidy. François Gremaud raconte le coup de fil: «Allo? C’est Gonzalez du bord du lac. Ça vous dirait qu’on se rajoute une petite giclée de caca?» Bon, le public du Vidy d’alors n’était que peu habitué aux formes détonantes. «Une femme s’est levée après cinq minutes et a dit «Ça, c’est pas pour moi!» se souvient François Gremaud. Aujourd’hui, au contraire, on va peut-être passer pour des artistes conventionnels pour Vidy.»

Ils cartonnent et détonnent

De «KKQQ» à la «Rétropresqu’tive», la 2b company détonne partout où elle passe. En Suisse romande comme en France. «Le Centre culturel suisse de Paris a été une véritable vitrine pour nous, et la Sélection suisse en Avignon est un outil de dingue pour se faire connaître, souligne François Gremaud. Mais avant tout, on doit énormément à l’Arsenic, au Théâtre Saint-Gervais à Genève et à Patrick de Rham, aux Urbaines, qui nous a fait confiance avec un titre aussi con que «KKQQ»!»

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