Le trio Mehldau-Scofield-Guiliana dépasse un Herbie Hancock sur la touche

Montreux Jazz FestivalLa disparité des claviers n’expliquait pas tout lors de la soirée très jazz du dimanche au Stravinski.

Brad Mehldau, John Scofield et Mark Guiliana au Stravinski.

Brad Mehldau, John Scofield et Mark Guiliana au Stravinski. Image: Keystone

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Il eût été inconcevable que Herbie Hancock, «l’ami le plus fidèle» de la manifestation, selon les mots de Mathieu Jaton, manque la 50e édition du Montreux Jazz Festival. Tel un repère dans le défilé des années, le pianiste a donc effectué le déplacement, malgré un album en cours d’enregistrement dont il s’est beaucoup inspiré pour son set de dimanche.

Difficile de se réjouir du résultat final tant les pistes dévoilées labouraient dans un groove caillouteux, saturé des roulements de basse de James Genus et ponctué par les interventions inopinées du vocodeur de Terrace Martin, producteur hip-hop – à ce jeu-là, on préfère son travail avec Robert Glasper…

Déconstruisant sans grand intérêt Cantaloupe Island et regardant sa montre en pleine action sur sa synthé-guitare Roland, Herbie Hancock laissait heureusement la place à un trio de choix formé par le pianiste Brad Mehldau, qui œuvrait sur tous les claviers (Rhodes et synthé compris), le guitariste de blues mutant John Scofield et le batteur défricheur de nouvelles rythmiques Mark Guiliana, acolyte du premier sur leur album commun Taming the Dragon. Des musiciens qui ne se sentaient pas obligés de briser les codes dans la facilité pour quêter de nouvelles trouvailles, mais entrelaçaient au contraire leurs virtuosités respectives avec un souci de construction empreint d’une légèreté confondante.

«Nous sommes très fiers de partager cette scène avec Herbie Hancock et John McLaughlin»

Entre une incursion très électrique sur l’orbite sauvage du On the Corner de Miles (album avec Hancock!) et lévitation gracile sur des motifs presque country, les trois compères parvenaient à allier, dans une entente très fine, propos et démonstration, en échafaudant des constructions musicales où la complexité n’était en aucun cas une entrave à l’imaginaire. Après un dernier solo frénétique et syncopé de Guiliana sur le titre More Jungle, Scofield renchérissait à la suite d’un Brad Mehldau lui aussi très poli: «Nous sommes très fiers de partager cette scène avec Herbie Hancock et John McLaughlin.» Ce dernier, en guitar hero d’un jazz rock sauvage à défaut d’être inédit, tenait le manche, mais, ce soir-là, le trio n’avait pas de rivaux.

Créé: 04.07.2016, 20h22

Le bon plan

Longtemps considérés comme la version longue durée des solennelles envolées du Cure de «Disintegration», les Ecossais de Mogwai prouvent depuis vingt ans et dix albums qu’ils ont plus de subtilités dans leurs guitares. En format ambiant (comme sur leur dernier disque, «Atomic») ou en mode de propulsion verticale, ils promettent au Strav’ de voir les étoiles.
F.B.


Auditorium Stravinski
Ce soir (20h)
montreuxjazzfestival.com

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