La trompette de Jun Miyake enchante le mystère

MusiqueLe musicien japonais sort le deuxième volet de sa série d’albums intitulée «Lost Memory Theatre». Fascinant

Les visuels des albums de Jun Miyake sont souvent signés par le photographe Jean-Paul Goude.

Les visuels des albums de Jun Miyake sont souvent signés par le photographe Jean-Paul Goude. Image: Jean-Paul Goude/LDD

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Certains artistes recherchent la lumière, d’autres évoluent avec aisance parmi les ombres. Le trompettiste, pianiste et compositeur japonais Jun Miyake fait partie des seconds. Ses musiques de film ont rythmé le Pina de Wim Wenders et ses productions pour la publicité, souvent récompensées, se comptent par milliers.

Pina Bausch elle-même tout comme Philippe Decouflé ou Robert Wilson ont utilisé ses compositions dans leurs spectacles. Mais, s’il apparaît au générique, Jun Miyake reste dans l’embrasure. Que les Galeries Lafayet­te en ait fait leur «Homme de l’année» en 2009 n’y a rien changé.

Le musicien reste en coulisses, là où la poussière se transforme en or et où les ficelles se tirent en catimini. C’est du moins la démarche de sa dernière série d’albums, Lost Memory Theatre, entamée en 2013 avec un premier chapitre qui n’hésitait pas à mêler Nina Hagen et chœurs bulgares, David Byrne et Arto Lindsay. En 2015, l’ancien jazzman installé à Paris continue à arpenter ce «théâtre de la mémoi­re perdue» sur un deuxième volet, moins éclectique que le premier, mais toujours aussi fascinant.

Orphée du XXIe siècle, Jun Miyake a cette capacité troublante de naviguer entre deux eaux, de passer d’une songerie d’Erik Satie à une comptine soul sans donner l’impression de changer de registre. Sa fréquentation du cinéma lui a appris à magnifier les atmosphères, à soigner les fondus enchaînés, à suggérer des dérives narratives… Des aptitudes que l’on retrouve dans son Lost Memory Theatre – act 2.

L’album ouvre le rideau sur des ambiances plus classiques, nimbées de mystères, mais où luisent des rencontres inattendues: les voix de Dhafer Youssef, Lisa Papineau ou Chie Umezawa, le violoncelle de Vincent Segal, les percussions de Vinicius Cantuaria, la basse de Melvin Gibbs. Des instants pop aussi surprenants que des clairières aux pastels grisés surgissent ainsi dans ce labyrinthe élégiaque, baigné d’une fabuleuse pénombre où il fait bon se perdre.

Créé: 22.05.2015, 16h53

L'album

Lost Memory Theatre - act2
Jun Miyake
Yellow Bird (distr. Musikvertrieb)

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