Le Verbier festival boira le café sans Nestlé

SponsoringPartenaire historique avec sa filiale Nespresso, la multinationale met un terme à son soutien annuel de 250 000 francs

Martin Engstroem, fondateur et directeur du Verbier Festival.

Martin Engstroem, fondateur et directeur du Verbier Festival. Image: DR

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C’est une décision que Nestlé a rendue publique il y a quelques jours et dont les retombées seront conséquentes pour le Verbier festival. La multinationale, et plus précisément sa filiale Nespresso, a décidé de réorienter sa politique de sponsoring et de se concentrer désormais sur des événements ayant trait au cinéma et à la gastronomie. La musique classique disparaît ainsi quasi totalement de son paysage, ce qui signifie que la manifestation estivale valaisanne devra trouver 250'000 francs pour boucler le budget de l’édition à venir, qui ouvrira ses portes le 18 juillet prochain. D’autres événements, comme les prestigieux festivals de Salzbourg et de Lucerne sont aussi touchés par ce retrait: le premier ne pourra plus compter sur Nestlé, le second verra sa dotation réduite de manière significative.

Sur le front de la station valaisanne, la fin de ce partenariat marque l’épilogue d’un long mano a mano qui a uni très vite les deux institutions. Le fondateur et directeur du festival, Martin Engstroem, aimait d’ailleurs rappeler, lorsqu’il racontait les origines de l’événement, que Nestlé, par la voix de son CEO de l’époque, Helmut Maucher, avait été la seule entreprise a avoir répondu favorablement à une demande de soutien. C’était en 1992 et Verbier n’était alors qu’une station habituée à somnoler durant les mois d’été. Avec quel état d’esprit le fondateur d’origine suédoise a-t-il accueilli la nouvelle? «Ce fut tout sauf une surprise, nous confie-t-il par téléphone. Depuis un certain temps déjà, nous avions compris que Nespresso allait tourner la page. Aujourd’hui, je ne peux pas me plaindre de cette décision: un partenariat d’une telle fidélité, qui s’est prolongé pendant vingt-cinq ans, est une rareté dans le domaine qui m’occupe. Je ne suis pas non plus catastrophé. L’histoire du sponsoring du festival est marquée par des départs, comme ceux d’UBS ou de Rolex, mais aussi par de nouveaux venus. Nous travaillons déjà pour trouver d’autres soutiens.»

Les chemins pour sortir de cette situation ne sont pas pour autant aisés. Le temps à disposition est restreint et à Verbier, comme ailleurs dans des manifestations analogues, on bâtit les programmes, on contacte et on invite les artistes bien avant d’avoir bouclé le budget. Il y a ensuite des contraintes liées au contexte géographique du festival, qui ne facilite pas les vocations: «Verbier, c’est un village perdu dans une vallée, il ne peut pas se raccrocher à un tissu industriel important ni a un réseau puissant de commerces. Nous ne sommes pas à Lucerne, qui peut attirer le soutien d’acteurs solides établis à Zurich ou dans les environs.»

Enfin, ce sont les grandes mutations stratégiques des entreprises en matières de sponsoring qui changent en profondeur le travail de recherche de fonds. «Nous savons aujourd’hui que les fondements mêmes de notre festival, qui reposent sur la jeunesse et la pédagogie, parlent désormais à un autre genre de soutiens, note Martin Engstroem. On est passé d’un sponsoring de nature commerciale à un financement déterminé par une composante émotionnelle. Les fondations et les particuliers affichent une sensibilité croissante face à notre programme et à notre identité.»

Verbier festival, du 18 juillet au 3 août. www.verbierfestival.com

Créé: 18.03.2019, 11h27

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