Véronique Emmenegger sert un sorbet relevé

LittératureDans «Sorbet d’abysses», la Lausannoise cisèle son langage pour évoquer la parole, son prix, ses absences et ses silences.

La Lausannoise Véronique Emmenegger publie son quatrième roman, «Sorbet d'abysses».

La Lausannoise Véronique Emmenegger publie son quatrième roman, «Sorbet d'abysses». Image: PATRICK MARTIN

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Promis! Le prochain sera drôle. Mais après Cœurs d’assaut et son sens du tragique acidulé (2013), Véronique Emmenegger plonge une fois encore dans les affres de l’existence avec cette même inclination à chercher le bonheur là où il n’est pas. Ou… plus. «Confucius disait: «La joie est dans tout, il faut savoir l’extraire.» C’est aussi mon moteur pour comprendre la vie, glisse la Lausannoise. Voilà pourquoi, j’aime partir d’une situation corsée avant d’essayer de l’assouplir.»

Sorbet d’abysses, son quatrième roman, vit au rythme d’Egault Lévy, philosophe brillant adulé par sa femme, démiurge familial, puissant orateur, chantre du contre-courant pour ses trois enfants. Mais le héros perd pied, prisonnier d’une démence qui va lui enlever le langage et, dans un deuxième temps, la parole. A la troisième page, la dédicace est éloquente: l’auteure a vu son père décliner. Mais le ressort autobiographique s’arrête là, Véronique Emmenegger ne raconte ni sa souffrance ni celle de son père dans cette fiction qu’elle entraîne dans les aléas de la communication. «Ecrire sur le déclin d’une vie, c’était ma façon de rendre à mon père cette parole qu’il ne peut plus prendre. Mais le liant, c’est le langage. Pour la première fois, j’ai lu, beaucoup lu sur l’étymologie ou la philosophie pendant que j’écrivais. J’ai pris le langage comme une boule à différentes facettes.»

A travers Sorbet d’abysses , Véronique Emmenegger lui déclare encore sa flamme mais elle a su canaliser ses excès baroques sans abandonner ses affinités pour les foules bigarrées et les tempéraments fertiles. L’implacable perte de repères des uns et des autres alterne scènes cocasses et pics de tension, et enchâsse les destins. Mais davantage en prise avec la vraisemblance que dans le précédent roman, la Lausannoise laisse ses personnages chercher l’air dont ils ont besoin pour revivre. (24 heures)

Créé: 06.05.2015, 13h40

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