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Vevey Images sous le signe de l'extravagance

Vevey Images dévoile dès samedi 61 propositions placées sous le signe de l’extravagance. Rencontre avec Stefano Stoll, directeur de la manifestation

Mr. Skeleton de Martin Zimmermann et Augustin Rebetez est à découvrir dans les «catacombes» de la Droguerie du Théâtre.
Mr. Skeleton de Martin Zimmermann et Augustin Rebetez est à découvrir dans les «catacombes» de la Droguerie du Théâtre.
MARTIN ZIMMERMANN/AUGUSTIN REBETEZ

L’invasion de Vevey par une armada de curiosités visuelles placées cette année sous le signe de l’extravagance a déjà débuté. Malgré le rush final, Stefano Stoll ne cède pas à la fébrilité, préférant se réjouir de voir enfin la concrétisation de plus d’un an de préparatifs. «Nous sommes en plein dans le gros entonnoir des derniers jours. Après des semaines de construction en intérieur, tout pousse d’un coup et c’est très bien ainsi: cela préserve la surprise jusqu’au dernier moment pour les Veveysans.» Dès samedi, la ville se transforme littéralement en «ville d’images», officialisant le slogan municipal par le foisonnement visuel concocté tous les deux ans par le festival.

Les bâches photographiques se déploient sur les façades, les bâtiments inoccupés se transforment en lieux à visiter, un bar géant inspiré de la plus grande limousine du monde émerge près de la salle du Castillo, des installations et des expositions viennent se nicher dans les recoins les plus inattendus. Forte de 61 projets, cette 6e édition conçue selon la formule «Extravaganza – Hors de l’ordinaire» du directeur artistique promet de nombreuses surprises, à l’affût de toutes les démesures. «Le beau est toujours bizarre et cultive une relation à l’extravagance», assure un Stefano Stoll confiant dans son programme aussi hyperbolique que ludique.

«On peut y voir un emballage, mais ça me va. Nous ne faisons pas de l’extravagance un thème académique. Pour le public, c’est la première clé qui lui permettra d’ouvrir la première porte. Il faut une entrée, personne n’achète un livre sans titre! Ensuite, cela ouvre un horizon festif. Un festival doit instaurer une sorte de buffet où chacun piochera en fonction de ses goûts. Il y a ceux qui se passionneront pour les fantaisies sexuelles dévoilées par Dias & Riedweg, d’autres pour le personnage de Michael Jackson revu par Leutwyler, pour le policier de Stans qui fait le poirier sur la photo d’Arnold Odermatt ou encore pour Philippe Ramette qui marche sur les troncs verticaux des palmiers. Mais ces propositions ont toutes un lien avec la thématique!» Difficile, en effet, de prendre en défaut une ligne folle mais cohérente qui vise aussi à «transformer l’ordinaire de la cité et de ses habitants, car notre public cible est M. et Mme Tout-le-monde.»

Cela n’empêche bien sûr en rien cette cuvée 2018 de Vevey Images de persévérer dans une démarche singulière qui s’est déjà distinguée loin à la ronde. Si le président de la Confédération, Alain Berset, fait le déplacement, il n’est pas le seul. Et nombreux sont les curateurs, galeristes de Berlin et autres spécialistes de faire de même. Stefano Stoll énumère avec fierté une délégation de Tokyo, la directrice du festival Contact de Toronto, Sam Stourdzé, directeur des Rencontres d’Arles et tous les grands titres de presse français.

C’est que le festival veveysan a ouvert une brèche stimulante dans le monde des arts visuels, notamment dans les habitudes photographiques. «Nous nous sommes toujours distanciés de la photographie documentaire, pour nous tourner vers de nouvelles pratiques, numériques ou plus narratives. À chaque édition, nous cherchons à dépasser les limites de la photo. Nous en avons eu sur gazon, à la perceuse, à l’agrafeuse, sous l’eau ou visible uniquement par drone.» Stefano Stoll ne récuse pas pour autant le photographique. «Chaque artiste y est lié dans le sens où il propose une expérience visuelle capable de changer la perception des gens. Erwin Wurm, qui rétrécit la maison de ses parents jusqu’à ce qu’elle ne fasse plus qu’un mètre de large en est un bon exemple avec sa réalité comprimée.»

Tissée avec un souci constant de faire sens – le projet de Wurm est par exemple couplé avec un autre projet de l’artiste dans la Villa «Le Lac» de Le Corbusier, elle aussi construite par l’architecte pour ses parents –, Vevey Images joue pourtant à fond la carte du spectaculaire, de l’immersif, de l’interactif et du gigantisme. À ce jeu-là, le risque est de se transformer en simple parc d’attractions des arts visuels. Une composante dont joue le festival mais sans lui laisser prendre le dessus.

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