«On ne vient pas pour se justifier mais pour écouter»

Politique culturelleAprès l’enquête de cet été, la Ville de Lausanne a rencontré les acteurs de la scène musicale.

«Cette démarche était inédite pour la ville. Au vu de la multiplicité et de la richesse des échanges, elle a prouvé toute sa pertinence», se félicite Michael Kinzer.

«Cette démarche était inédite pour la ville. Au vu de la multiplicité et de la richesse des échanges, elle a prouvé toute sa pertinence», se félicite Michael Kinzer. Image: Odile Meylan/A.

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«On ne vient pas pour se justifier, mais pour écouter et intégrer le savoir des principaux concernés.» À la tête du Service de la culture de la Ville de Lausanne depuis 2017, Michael Kinzer l’affirme: pour que son action soit pertinente et réaliste, la Commune doit rester ouverte aux discussions et favoriser l’échange avec ses principaux acteurs culturels. À la suite de son étude sur les musiques actuelles, dont les résultats ont été rendus publics en juillet dernier, la Ville donnait rendez-vous, lundi soir à Montbenon, aux créateurs, aux musiciens ou aux programmateurs de la scène des musiques actuelles.

Environ une centaine de personnes ont répondu présent à cette rencontre qui visait à mieux définir la nouvelle politique de soutien à la création musicale indépendante. «Cette démarche était inédite pour la ville. Au vu de la multiplicité et de la richesse des échanges, elle a prouvé toute sa pertinence», se félicite Michael Kinzer. D’autant qu’aucune main levée ne s’est véritablement placée en contradiction avec la vision de ce dernier, ni de son adjoint, Yann Riou, et du syndic, Grégoire Junod, également présents, qui ont évoqué une augmentation du budget alloué au soutien à la création pour 2020.

Il était d’abord question de présenter et de mettre en perspective les résultats de cette enquête, opérée par la société londonienne Sound Diplomacy, et ses recommandations stratégiques à l’usage du politique. Si cette dernière avait fait lever quelques boucliers avant sa réalisation, craignant notamment une future coupe dans les subventions, la pilule semble aujourd’hui digérée. «Tout le monde a pu dire sa réalité, atteste l’artiste indépendant Stéphane Blok. La discussion était intelligente, cohérente et très libre.» Même son de cloche pour Gilles Dupuis, batteur du groupe d’afro-beat Professor Wouassa et directeur du festival JazzOnze+: «Qu’une ville soit autant à l’écoute des musiciens, aussi ouverte et transparente, c’est unique.»

Durant plus de trois heures, Lausanne et ses musiciens ont discuté de la forme des subventions, qu’elles soient à destination d’artistes émergents ou confirmés, des labels ou des festivals. Et donc de leurs critères de sélection, ce qui a ouvert le débat sur l’éventuelle mise en place d’un conseil consultatif de la musique, la précarité du milieu musical, la commercialisation de la création, le domicile des artistes ou la représentativité des femmes dans la musique. La musicienne Billie Bird, également présente lors de la rencontre, dit «avoir hâte de voir comment vont avancer ces initiatives.»

«Nos critères de soutien ne sont plus adaptés aux réalités d'aujourd’hui, souligne Michael Kinzer. Il est important de les remettre à plat pour aider au mieux les artistes et servir la population lausannoise. C’est de l’argent public, nous avons des responsabilités.» Reste maintenant au Service de la culture à les intégrer dans la mise sur papier de son plan d’action, qui sera à nouveau soumis aux remarques des concernés dans une année avant d’entrer en œuvre au plus tard début 2021.

Créé: 22.10.2019, 18h38

Le chiffre

53

En milliers de francs, l’augmentation soumise au Conseil communal en 2020 du budget alloué par la ville de Lausanne au soutien à la création musicale indépendante.

Le budget total s’élèverait alors à environ 500’000 francs.

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