Le volcan d’Augustin Rebetez crache son univers visuel à Vidy

ScènePour sa première pièce, «Rentrer au volcan», le plasticien et son équipe envahissent le théâtre.

A Vidy, dans la salle de La Passerelle qui accueille dès vendredi les spectateurs de «Rentrer au volcan», Augustin Rebetez (à dr.) avec Noé Cauderay, ami et complice de ses scénographies aux motifs proliférants.

A Vidy, dans la salle de La Passerelle qui accueille dès vendredi les spectateurs de «Rentrer au volcan», Augustin Rebetez (à dr.) avec Noé Cauderay, ami et complice de ses scénographies aux motifs proliférants. Image: FLORIAN CELLA

Signaler une erreur

Vous voulez communiquer un renseignement ou vous avez repéré une erreur?

Le Théâtre de Vidy n’est pas encore tout à fait le nouveau squat à la mode, mais les choses se précisent… A deux jours de la création de Rentrer au volcan, sa première intervention scénique, Augustin Rebetez accueille dans un foyer qui croule déjà sous l’univers visuel du plasticien et de son équipe.

Des créatures de toutes sortes, totémiques ou monstrueuses, se plaquent sur les tables, des graffitis font leur apparition sur les planchers, et les parois n’échappent pas à cette prolifération d’images d’une inquiétante étrangeté qui contaminent l’espace dès le seuil de l’institution, même si la pièce se déroule dans la salle de la Passerelle. «J’ai horreur des murs blancs que l’on trouve dans la plupart des galeries, c’est d’un ennui terrifiant, justifie le créateur jurassien. L’univers que j’élabore avec mon équipe est extensible, en expansion à l’infini. Les murs, les fenêtres et, si on avait encore deux mois à disposition, on s’attaquerait aux radiateurs, on installerait un chapiteau dehors!»

Scénographie envahissante

A partir d’un «noyau très fort» où «ébullitionnent» arts plastiques et musique (servis par ses complices de longue date Noé Cauderay et Louis Jucker, qui oscille «entre folk fragile et post-hard­core»), le créateur pluridisciplinaire de 29 ans – déjà bien loin de ses premières amours photographiques – développe une scénographie envahissante où son art du bricolage accouche de machineries improbables et de décors insensés. «Mon point de départ, c’est le théâtre d’objets. Ça, je connais déjà avec mes animations de bouts de bois et de métal.»

Mais Rentrer au volcan – spectacle qui doit son titre à un extrait de la correspondance entre René Char et Antonin Artaud – n’esquive pas la dimension humaine propre à la scène. «J’ai engagé des performeurs et une chanteuse, mais d’autres pays, pas de Suisse: je voulais que ce projet respire.» Epaulé de son ami Niklas Blomberg, «un performeur acrobate à l’énergie intense», il a sélectionné quelques bombes humaines à lancer dans ses mécaniques bringuebalantes. «Des gens que j’ai choisis mais que je ne dirige pas vraiment. Iona Kewney, par exemple, qui vient d’Ecosse et œuvre dans l’extreme physical performance. Animale et puissante, elle a même été déprogrammée par un festival de cirque qui la trouvait trop extrême. Comme quoi, il suffit de se trémousser un peu trop violemment…»

Les ombres du punk

Dans la forêt noire de ses symboles, on croit percevoir l’anarchisme si cher à son canton natal, mais Augustin Rebetez ne revendique pas la filiation, si ce n’est qu’il se sent «proche du mouvement punk». «Je connais bien le milieu des squats lausannois et j’aime les soirées à capuche dans les caves, mais cela ne m’empêche pas de vouloir toucher le grand public.» Ce spécialiste du collage de disciplines adore passer de ses souterrains à une discussion avec un directeur de musée – son prochain mandat aura lieu au Musée Tinguely de Bâle. Pour l’heure, il prépare son involution volcanique. «Ce n’est pas une éruption, mais une recherche d’intériorité dans le magma archaïque des origines. Un condensé violent. Un big bang.» (24 heures)

Créé: 26.11.2015, 11h00

La pièce

Lausanne, Théâtre de Vidy
Du ve 27 novembre
au sa 11 décembre
Rens.: 021 619 45 45
www.augustinrebetez.com
www.vidy.ch

Articles en relation

Augustin Rebetez fait d’un même monde tout un univers

Exposition Le Jurassien balade ses délires poétiques du sol au plafond de la Galerie Kissthedesign à Lausanne. Plus...

Publier un nouveau commentaire

Nous vous invitons ici à donner votre point de vue, vos informations, vos arguments. Nous vous prions d’utiliser votre nom complet, la discussion est plus authentique ainsi. Vous pouvez vous connecter via Facebook ou créer un compte utilisateur, selon votre choix. Les fausses identités seront bannies. Nous refusons les messages haineux, diffamatoires, racistes ou xénophobes, les menaces, incitations à la violence ou autres injures. Merci de garder un ton respectueux et de penser que de nombreuses personnes vous lisent.
La rédaction

Caractères restants:

J'ai lu et j'accepte la Charte des commentaires.

No connection to facebook possible. Please try again. There was a problem while transmitting your comment. Please try again.