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Yann Marguet aimerait beaucoup que les supermarchés passent à la caisse

Contre un possible «coronawashing» de la part de la grande distribution, l’humoriste fait campagne pour un «vrai merci» aux employés.

«Et de l’argent, y en a assez pour tous?» Entre une grosse barbe et un gros bonnet, la bouche en gros plan de Yann Marguet pose la question dans une vidéo publiée mercredi à 18 h 30 sur les réseaux sociaux. Règle du jeu: demander à ses fans – mais aussi à ceux des humoristes «nominés» Marina Rollman et Thomas Wiesel et de la conseillère nationale Verte Léonore Porchet – d’accoler un maximum de fois le hashtag #unvraimerci aux comptes Facebook, Instagram et Twitter des quatre géants de la grande distribution en Suisse, respectivement Migros, Coop, Aldi et Lidl.

But du jeu: obtenir que leurs employés reçoivent une gratification à la hauteur de leur investissement en temps de crise, eux dont les prénoms et les visages défilent dans les actuelles publicités de chaque entreprise, en une variation sur le même thème du «Merci à nos collaborateurs de nourrir le pays!».

«C’est parti de la décision par le groupe Auchan, en France, d’accorder une prime de 1000 euros à ses employés, détaille Yann Marguet. J’ai trouvé ça pas mal, et c’est entré en dissonance avec les dernières vidéos assez démagos des supermarchés suisses. On ne sait pas dans quelle mesure les mercis servent avant tout à aider l’image de la boîte. Là, je leur propose un geste concret.»

Tant pis (ou tant mieux) pour Marguet, deux groupes au moins l’ont pris de vitesse. Le 30 mars, Aldi et Lidl Suisse ont annoncé des primes pour leurs salariés actifs sur le terrain, sous forme de bons d’achat «jusqu’à 400 francs» pour 2500 employés chez Aldi, 350 francs tout rond pour 3500 collaborateurs chez Lidl. Avec, par ce dernier, la promesse claironnée que «Lidl Suisse est le premier détaillant à remercier ses collaborateurs!» Signe que la question n’est pas prise à la légère sur le plan de l’image, alors que chacun fête les «héros du quotidien» mais que plusieurs voix se sont élevées contre les conditions de travail stressantes et surexposées.

Chez Migros, on assure ainsi que les démarches sont en cours. «Nous travaillons en ce moment sur une solution afin de remercier de manière généreuse nos collaborateurs de leur performance», promet Tristan Cerf, porte-parole du géant suisse. Coop répond en revanche avoir dû procéder à «la fermeture de 1000 magasins non alimentaires et à la mise au chômage partiel de 13 000 employés. En guise de reconnaissance, nous avons avons décidé de payer 100% du salaire, même pour un travail de courte durée.»

L’initiative de Marguet trouvera-t-elle le relais et l’impact suffisants pour rendre plus épaisses les enveloppes accordées? À la suspicion de «coronawashing» des grands groupes (ou comment vanter sa fibre sociale en période de pandémie) pourrait répondre le «coronablues» des artistes, dont la claustration aiguise le sens citoyen: ou comment continuer de s’adresser à sa communauté sur un mode moins rigolo et sur des thématiques dictées par les circonstances. Depuis deux semaines, les capsules des comiques, de Vincent Kucholl à Thomas Wiesel en passant par… Yann Marguet («Lettre à ma Suisse») font moins dans la gaudriole que dans la prophylaxie sanitaire ou sociale. Preuve que, décidément, personne, en cette période, n’a envie de rire.

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