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Yasmine Hugonnet maîtrise l’art de la danse, de l’épure et de la ventriloquie

La Montreusienne dévoile, ce soir dans le cadre de Programme commun, son nouveau solo, «Se sentir vivant». Interview.

Yasmine Hugonnet dévoile mercredi à L'Arsenic sa nouvelle création, le solo Se sentir vivant.
Yasmine Hugonnet dévoile mercredi à L'Arsenic sa nouvelle création, le solo Se sentir vivant.
Anne-Laure Lechat

Depuis une dizaine d’années, la Montreusienne Yasmine Hugonnet (37 ans) gravit, avec rigueur et talent, les échelons d’une carrière qui se déploie de plus en plus à l’international. Formée à Paris, où elle garde encore un pied, la chorégraphe nourrit ses créations d’une danse autant radicale (silencieuse et immobile) que fascinante (dans sa générosité, son humour ou sa virtuosité). Artiste associée du Théâtre Sévelin 36 depuis trois ans, elle accède mercredi soir à l’Arsenic avec Se sentir vivant, avant la Biennale de danse de Venise, en juillet, ou Vidy, la saison prochaine.

C’est quoi, se sentir vivant?

On ne se sent pas toujours vivant de la même manière, il me semble qu’il y a différentes intensités, que nous avons chacun des façons différentes d’attiser cette sensation. Ma pièce explore cet état de manière concrète, avec l’envie de prendre la parole par le corps autant que par la voix.

A côté du mouvement, la voix est, justement, un élément essentiel de votre travail chorégraphique…

La voix qui m’intéresse est une voix détachée du corps et prise dans sa physicalité. Dans la vie, nous faisons de multiples actions en même temps: on parle, on bouge, on pense, on vit plein de choses à la fois. Pour appréhender ce qui se passe précisément dans ces moments-là, je cherche à développer des stratégies de dissociation, mettre un peu d’espace entre différents éléments (ndlr: le geste et le son) afin de mieux réussir à en comprendre les liens.

D’où votre pratique de la ventriloquie?

Oui, c’est un espace d’expérimentation très intéressant qui nécessite – en même temps et dans le même corps – un très grand abandon autant qu’un fort engagement de la part de l’interprète. Plus que de la ventriloquie, j’aime dire que je pratique une «parole immobile». Il s’agit d’air qui traverse le corps et les mots pour devenir audible, mais cette voix est totalement dissociée du geste. Elle n’est plus visible sur les lèvres et le visage, tout en restant mouvement.

Pour la deuxième fois, vous êtes invitée au festival Programme Commun, fréquenté par de nombreux programmateurs étrangers. Une vitrine porteuse pour donner de l’ampleur à votre carrière?

Oui, bien sûr, bien que cela ne suffise pas. Je crois que pour propulser son travail, il faut réussir à le montrer dans plusieurs plates-formes, entrer dans un cycle de rencontres avec des programmateurs. En 2015 et 2016, j’ai eu la chance de pouvoir enchaîner les Journées de danse contemporaine suisse, Programme Commun puis Aerowaves. Cette collusion heureuse m’a donné de la visibilité mais compte autant que le soutien, fondateur et propulseur, du Théâtre Sévelin 36. C’est là que j’ai pu vraiment déployer mon travail, qui se poursuit avec grand plaisir, aujourd’hui, à l’Arsenic.

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