Le youtubeur Norman passe le test de la scène

CritiqueAu Théâtre de Beaulieu, l’humoriste du Net a ravi ses fans, sans crever l’écran.

Norman, savourant sa gloire lors du dernier Festival de Cannes. L'humoriste a encore un peu de travail pour la déguster avec autant de bonheur depuis les planches.

Norman, savourant sa gloire lors du dernier Festival de Cannes. L'humoriste a encore un peu de travail pour la déguster avec autant de bonheur depuis les planches. Image: EPA/JULIEN WARNAND

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«J’ai un public très large: de 7 ans… à 7 ans et demi!» Mercredi soir au Théâtre de Beaulieu, l’humoriste Norman exagère. Si les enfants dans la salle passaient assez facilement sous la barre des 10 ans grâce à la mansuétude (ou à leur propre fascination) de parents indignes, la palette des âges s’avérait tout de même un peu plus large.

Son spectacle avait valeur de test. Le Youtubeur star arriverait-il à télécharger son comique sur scène? La réponse est oui, même si son côté «loser» falot, pertinent sur le Net, manque de présence sur les planches. De ce point de vue, sa première partie, Noman Hosni, mettait la barre assez haut avec son stand-up délié, ses vannes cruelles mais toujours bien senties. Ce qui n’était pas toujours le cas avec la «star» de la soirée, parfois un peu «relou» dans ses blagues appuyées sur les Arabes et les Indiens des cités.

Son sens de l’observation vise juste

Non pas que le frisé dégingandé déploie un racisme intentionnel, mais, manquant de légèreté dans la saillie, la platitude de son propos finit parfois par se confondre avec la dénonciation potentielle. Son sens de l’observation vise pourtant juste. Ainsi de ce moment de gêne où il ne peut dire à son interlocutrice au téléphone qu’il est «chez l’Arabe» pour parler d’une certaine épicerie où il se trouve.

Pour se rassurer, ce spécialiste de l’autodérision ch’ti – qui abuse des «je kiffe» – ne coupe pas le cordon avec ses vidéos, souvent rappelées au bon souvenir de son public de fidèles, ravi, qui ne lui tient pas rigueur de défauts scéniques d’ailleurs confessés.

«J’ai encore beaucoup à apprendre», avoue-t-il au moment de la «foire aux questions» en fin de spectacle, intéressant essai de transférer la logique Web dans un théâtre, avec micros qui circulent pour que les fans l’interrogent. La séance ne produit pas beaucoup d’étincelles et souligne qu’en matière d’humour générationnel, Norman, 29 ans, va devoir se renouveler rapidement. Les jeunes le talonnent et les vieux ne le sont pas tant que ça.

Créé: 26.05.2016, 20h58

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