Passer au contenu principal

Yuja Wang, le classique sans poussières

Exubérante et instinctive, la pianiste chinoise brille sur la scène valaisanne et s’octroie de longues nuits de fête. Rencontre.

Sous un soleil incertain, dans un recoin du jardin qui jouxte le chalet qui l’abrite à Verbier, Yuja Wang récupère péniblement. Elle est armée d’une paire de lunettes de soleil XL, d’un tube de crème solaire et d’une robe comme toujours très courte. Sans détour, elle vous fait comprendre qu’elle a connu des jours meilleurs; elle vous dit combien sa nuit a été courte et combien les heures de sommeil lui font terriblement défaut en ce début d’après-midi. «Ici, on fait des rencontres par dizaines, on prend le temps de se poser, mais je ne suis pas certaine d’y trouver les meilleures conditions pour jouer comme il faut: trop de fêtes et trop d’alcool.» Voilà qui plante un décor.

Celui d’une musicienne qui détonne dans le paysage et qui fait de son exubérance et de sa spontanéité – dans la vie comme sur la scène – une marque qui la distingue des autres. A 29 ans, la native de Pékin tient donc du phénomène. Sa technique, la fluidité de son toucher, la virtuosité qu’elle affiche avec un naturel déconcertant l’ont propulsée très jeune déjà dans ce cercle restreint d’artistes aussi brillants que médiatiquement surexposés. En voulant emprunter un raccourci, on pourrait dire qu’elle incarne le pendant féminin de Lang Lang. Dans les faits, ses incursions dans le répertoire des compositeurs qu’elle chérit le plus (Chopin, Scriabine, Prokofiev, Bartók…) recèlent une profondeur et une variété d’approche qui font défaut au collègue masculin.

Les articles ABO sont réservés aux abonnés.