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Au fil des pages 3/4Dans «Bateaux fantômes», les rois du lac tombent le masque

Le photographe Jacques Straesslé rassemble 40 ans de passion pour la flotte Belle Époque. Avec des clichés rares et souvent hors des sentiers battus.

À l’ombre Construit à l’époque de l’Expo 64, le port de Lausanne-Bellerive, base du chantier CGN, sert aussi aux chalands transportant pierres et graviers. Ici l’«Italie II», en travaux. Octobre 2007.
À l’ombre Construit à l’époque de l’Expo 64, le port de Lausanne-Bellerive, base du chantier CGN, sert aussi aux chalands transportant pierres et graviers. Ici l’«Italie II», en travaux. Octobre 2007.
Jacques Straesslé

En surface, on semble bien connaître la flotte historique du Léman, qui se compose aujourd’hui de huit bateaux-salons Belle Époque en état de naviguer; en première ligne le roi des rois, «La Suisse» (1910), qu’on qualifie volontiers, par ici, de plus beau bateau à vapeur du monde. Tant d’images parfaites, circulant à profusion ici et là, mettent en lumière son élégance légendaire, digne du cygne muet, ancrée dans un décor idyllique se magnifiant toujours à l’heure du coucher du soleil.

Coup de sifflet à la fin de la parade annuelle de la CGN, quand des milliers de ballons multicolores s’envolent depuis les bateaux à roues. Ici photographiés depuis le quai de Morges. Mai 2007.
Coup de sifflet à la fin de la parade annuelle de la CGN, quand des milliers de ballons multicolores s’envolent depuis les bateaux à roues. Ici photographiés depuis le quai de Morges. Mai 2007.
Jacques Straesslé

L’envers du décor

Heureusement, les amoureux des rives et de leurs vues féeriques sur ces vaisseaux trouveront aussi, à petite dose, ce pan de la réalité dans «Bateaux fantômes» de Jacques Straesslé. Mais le dernier beau livre du photographe vaudois fait plutôt émerger autre chose de tout aussi profond. C’est peut-être «l’envers du décor», comme le titre la préface. Peut-être aussi simplement une autre vérité moins connue au sujet de ces chefs-d’œuvre classés au titre des monuments historiques. Une vision personnelle de leurs entrailles, une balade au milieu des rouages des machines. Des moments suspendus également; quand l’engin au repos fait peau neuve loin des regards, au chantier CGN, à Lausanne-Bellerive.

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