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Critique théâtrale«Dans la forêt», randonnée artistique et méditative

La nouvelle création de Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre ouvre la saison hors-les-murs du Théâtre de Vidy.

Martin Reinartz, comédien-homme des bois.
Martin Reinartz, comédien-homme des bois.
Pierre Nydegger

Le silence. La pénombre. La quiétude. Une atmosphère quasi mystique se diffuse dans les bois du Jorat, somptueux à la tombée de la nuit. Un comédien-homme des bois, Martin Reinartz, nous entraîne «Dans la forêt» peuplée de mélèzes, de bouleaux, de sapins et de chênes. De sangliers, de renards et de chevreuils aux aguets. Prologue de la saison hors les murs du Théâtre de Vidy, cette balade artistico-méditative imaginée par Massimo Furlan et Claire de Ribaupierre déploie l’imaginaire autant qu’elle invite à l’introspection.

Théâtre sylvestre

En file indienne, nous pénétrons dans les entrailles de la forêt sans piper mot. Attentifs au vol furtif des chauves-souris, au craquement d’une brindille, aux senteurs boisées, aux caresses du vent. Au loin une chouette hulule. Nos sens sont en éveil. Les arbres, hiératiques, les animaux, fins observateurs, sont les protagonistes de cette pièce où chacun tient son propre rôle. Et nous, promeneurs du crépuscule, devenons à notre tour acteurs dans ce théâtre sylvestre scénographié par Mère Nature. Tantôt en osmose, tantôt guettés par ce sentiment d’être un intrus dans un écosystème.

Car c’est bien là que se niche le propos de cet étrange objet artistique, nouvelle œuvre in situ composée par le binôme, à vivre jusqu’au 15 novembre. Le lien antagonique de l’homme face à la nature, du sauvage face au civilisé. Le rôle ambivalent de la forêt, aussi, lieu de refuge, de contes et de réminiscences d’enfance, que l’on défriche à grands coups de pelleteuses. Notre guide nous raconte son histoire, ses légendes, ses célèbres brigands tapis dans les fourrés. Notre imagination s’active: les récits de Perrault et des Frères Grimm côtoient les souvenirs de cabanes dans les bois. Dans notre esprit se superposent le motif du grand méchant loup et celui de l’animal dont l’avenir est lié aux résultats d’une prochaine votation. La fiction et la réalité s’entrelacent.

Les arbres, la forêt, la nature jalonneront la saison du Théâtre de Vidy. Lætitia Dosch nous invite à nous glisser dans l’écorce d’une essence le temps d’une émission de sa «Radio Arbres», Frédéric Ferrer cartographiera un «Altas de l’anthropocène», Hugo Arcier et Cyril Teste créeront un «EDEN» virtuel. En guise de prélude, quoi de mieux qu’une rencontre avec les bois et leurs habitants dans leur milieu naturel?

Lausanne, Théâtre de VidyDans les bois du Jorat. Rdv devant la station de métro de Vennes. 7 km (env. 2 h 30-3 h).
Jusqu’au 15 nov.
www.vidy.ch