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Un patrimoine à rénoverDans les entrailles de Vidy, théâtre en mue

Vestige d’Expo 64, le Théâtre au bord de l’eau se refait une beauté. Notre photographe a promené son objectif entre les pelleteuses.

Sur les planches, un «adieu» au théâtre, qui renaîtra sous une nouvelle forme dans deux ans.
Sur les planches, un «adieu» au théâtre, qui renaîtra sous une nouvelle forme dans deux ans.
Odile Meylan

Sous les gravats, la scène. Le plateau de la salle Charles-Apothéloz, salle mythique du Théâtre de Vidy-Lausanne, est jonché de débris, de pans de murs arrachés et de structures démontées par le bras articulé d’une pelleteuse dans un épais nuage de poussière. Il y a quelque chose de théâtral dans ce ballet mécanique. Le prologue? Un bâtiment chargé d’histoire – le Pavillon «Éduquer et Créer» dessiné par Max Bill pour Expo 64 mué en lieu phare de la création scénique contemporaine sous l’impulsion de Charles Apothéloz – montre des signes d’usure. L’intrigue? Un chantier de deux ans, à 27,5 millions de francs, dont l’enjeu est de maintenir un équilibre entre valeur patrimoniale et renouveau architectural. Les protagonistes? La Ville de Lausanne, propriétaire des murs, le bureau d’architectes Pont12, et les artistes, bien sûr. Pendant ce laps de temps, comédiens, danseurs et circassiens déploieront leurs univers dans les deux espaces épargnés par les travaux (le Pavillon et la salle René-Gonzales) et hors les murs.

Les travaux de la salle Charles Apothéloz vus depuis le foyer du théâtre, la Kantina, où se trouvaient encore les photographies de l’exposition de Daphné Bengoa.
Les travaux de la salle Charles Apothéloz vus depuis le foyer du théâtre, la Kantina, où se trouvaient encore les photographies de l’exposition de Daphné Bengoa.
Odile Meylan
La mythique salle Charles-Apothéloz jonchée de gravats.
La mythique salle Charles-Apothéloz jonchée de gravats.
ODILE MEYLAN
Une machine de chantier dans la Kantina.
Une machine de chantier dans la Kantina.
ODILE MEYLAN
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«Ce chantier répond à un double objectif pour Vidy, celui de se projeter vers l’avenir tout en restant dans son ADN, c’est-à-dire d’être un lieu de création où s’invente le théâtre d’aujourd’hui et de demain», nous confiait Vincent Baudriller, directeur, au moment de nous présenter cette saison très particulière. Les axes forts du chantier concernent bien sûr la salle Apothéloz (volume de salle rehaussé, cage de scène refaite, augmentation de la jauge à 440 places), mais aussi la construction d’une salle de répétition, outil indispensable pour un lieu dévolu à la création. «Il s’agit d’implanter le nouveau volume de la salle de répétition de manière à compléter le bâtiment existant sans le dénaturer, d’autant plus important que Max Bill portait une attention particulière aux aménagements extérieurs», relève l’architecte François Jolliet, fondateur de Pont12, dans le dossier de présentation.

L’esprit de Max Bill

Conserver l’esprit de Max Bill: tout l’enjeu est là. Au fil des décennies, la bâtisse a certes connu moult transformations. Du pavillon «Éduquer et Créer» ne demeurent que la structure porteuse et les panneaux fibrociments de la toiture du premier étage. Mais les multiples interventions ont maintenu la cohérence architecturale du pavillon éphémère. D’ailleurs, la bâtisse, actuellement en note 3 (soit d’importance locale) à l’inventaire architectural vaudois, pourrait bien prendre du galon comme «œuvre importante du patrimoine bâti du XXe siècle», dans le cadre du vaste projet dévoilé par le Canton en juin dernier. Quoi qu’il en soit, le Théâtre au bord de l’eau dévoilera sa nouvelle silhouette à l’automne 2022.

La salle Charles-Apothéloz vue depuis l’extérieur.
La salle Charles-Apothéloz vue depuis l’extérieur.
Odile Meylan
6 commentaires
    R. B.

    27,5 millions pour le théâtre de Vidy alors que dans le même temps la municipalité rechignait à dépenser 1,8 millions pour retaper l'auberge de Sauvabelin... Allez comprendre.

    Il faut préserver les lieux emblématiques de Lausanne qui ont marqué des générations d'habitants.