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Sortie en ligneDans «Los sonámbulos», une famille se déchire jusqu’à l’irréparable

Le drame de l’Argentine Paula Hernández plonge ses personnages au plus bas, laissant la lumière doucement réapparaître. À voir dès vendredi sur le site des distributeurs suisses, filmingo.ch.

Les disputes rythment les journées d’une famille en totale décomposition.
Les disputes rythment les journées d’une famille en totale décomposition.
trigon-film

Les clairs-obscurs s’accrochent aux personnages de «Los sonámbulos» (les somnambules), dernier drame familial de l’Argentine Paula Hernández, à voir en première, dès vendredi. Dans ce jeu de contrastes, les visages ne se révèlent que subrepticement, comme si la lumière était née pour disparaître. L’atmosphère cauchemardesque ne les quittera jamais; lorsque Luisa, Emilio et leur fille Ana, 14 ans, débarquent en campagne dans la maison de la grand-mère pour le Nouvel-An, l’angoisse reprend possession des âmes face aux nuits éveillées de la jeune fille. Endormie les yeux ouverts, elle se laisse captiver par les étranges phénomènes de la lune. Jusqu’à se mettre en danger, comme pour se détruire.

La métaphore déteint en journée quand, à l’intérieur, d’incessants déplacements dissimulent un évitement perpétuel, laissant ce vent glacial s’imprégner sournoisement en toile de fond. Emilio et ses frère et sœur se disputent la maison d’une mère virant à l’hystérie, et Luisa cache au mari qu’elle ne désire plus son nouveau métier d’écrivain. Incapable de communiquer avec sa fille qui se transforme en femme, Luisa perd ses repères, tout comme chaque membre d’un clan qui frise l’explosion.

Il fallait un révélateur pour pousser l’exercice à son paroxysme. Alejo, mystérieux cousin oublié, refait un jour surface inopinément. Porté par la fougue d’une jeunesse dont le cinéaste italien Pier Paolo Pasolini s’était brillamment emparé dans son «Théorème» (1968), au moment de laisser la folie gagner peu à peu la bourgeoisie, au contact d’une céleste beauté. Le charme ravageur opère aussi du côté d’Ana et Luisa, jusqu’à se diffuser dans toutes les strates de la famille. Même si dans ce cas l’issue paraît fatale, le soleil ne cesse pourtant jamais de sublimer les larmes.

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