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Commentaire sur l’IndonésieDavid montre ses muscles à Goliath

Longtemps isolés, les adversaires du libre-échange ont réalisé une remontée inouïe. Malgré la victoire, les organisations économiques peuvent trembler.

Qu’importe le oui timide à l’accord avec l’Indonésie, les sourires ce dimanche sont du côté des adversaires du libre-échange. Ce n’est pas étonnant, car ces derniers ont failli signer une véritable sensation. Surtout, ils reviennent de loin, de très, très loin.

Ce scrutin a failli ne jamais avoir lieu. Souvenez-vous. C’est un homme, le vigneron genevois Willy Cretegny, qui – face à l’inaction des partis – décidait de lancer le référendum, un mois après le vote au parlement. Au départ, son comité comptait dans ses rangs quelques ONG, des micro-partis et des représentants de la Grève du climat. Autrement dit, personne ou presque. Pourtant, quelques mois plus tard, tous réussissaient l’exploit de récolter 50’000 signatures.

Mais la campagne allait elle aussi être plus compliquée que prévu. Le magistrat en charge de l’Économie, Guy Parmelin, ayant réussi à intégrer des critères de durabilité dans l’accord, la fronde allait se désagréger, le comité référendaire s’est retrouvé plus isolé que jamais. Face à lui, les organisations économiques et les partis bourgeois donnaient le ton. Sur le papier, David n’avait aucune chance face à Goliath.

«Près d’un Suisse sur deux estime que les droits humains et la protection de l’environnement doivent l’emporter sur les perspectives économiques.»

En titillant les 50%, il montre aujourd’hui la terrible envie de la population de changer de système. Près d’un Suisse sur deux estime ainsi que les droits humains et la protection de l’environnement doivent l’emporter sur les perspectives économiques. Voilà qui rappelle le vote serré sur les entreprises responsables du 29 novembre dernier.

Que cette grogne se fasse entendre sur le premier accord de libre-échange assorti de critères de durabilité en dit long sur ce changement de mentalités. Les partisans de l’accord avec plusieurs pays d’Amérique du Sud (Mercosur) peuvent évidemment trembler. Mais c’est surtout le fond du discours des défenseurs à tous crins du libre-échangisme qui doit changer, sous peine de sombrer.

11 commentaires
    CHARLES PITTET

    Les troubles fêtes des tendances à qui en déplaise sont des produits d'un commerce déjà ressentit par des compatriotes de là-bas ici chez nous en Suisse. Bien souvent d'une excellente qualité par un bon travail d'une production très étudié pour une vente d'un avenir d'un commerce mondial. Il faut bien que ces gens vivent, une chance pour eux.